Emmanuel Macron rassure les sapeurs-pompiers

Sécurité

Emmanuel Macron n’était pas à Marseille uniquement pour faire le point sur les dossiers marseillais. Il a prononcé le discours de clôture du 127e Congrès national des sapeurs-pompiers, réuni dans la cité phocéenne du 13  au 16 octobre. Et a fait plusieurs annonces importantes en leur direction.

« Nous souhaitons rendre plus attractif l’engagement comme sapeur-pompier en valorisant mieux le volontariat. J’ai alerté la commission européenne pour que la directive temps de travail ne menace pas ce modèle. Cette directive est un problème. Nous nous y opposons », a assuré le président de la République. Un engagement fort au regard de l’inquiétude des sapeurs-pompiers sur l’impact de cette directive sur le volontariat : en effet, sur les 252 000 sapeurs-français recensés en France, 197 000 sont des volontaires ! Or, la directive européenne entend reconnaître les heures d’astreintes comme un temps de travail, bouleversant ainsi l’organisation territoriale des sapeurs-pompiers. Si la CGT des Sdis apprécie le sens de cette directive, assurant qu’elle permet « une vraie reconnaissance » en faisant « cesser les abus », elle forme aux yeux d’Emmanuel Macron, « un problème pour nos armées, pour le modèle d’engagement ». Pour autant, le président de la République n’entend pas faire preuve d’une démagogie obtuse qu’il reproche à d’autres états européens et prône le dialogue « pour modifier les textes européens ». Ça tombe bien : début janvier 2022, la France assurera la présidence du conseil de l’UE et prendra « une initiative pour promouvoir cet engagement citoyen et aller au bout des clarifications que ce texte impose ».

L’expérimentation sur le numéro unique lancée début 2022

Dans son discours, le colonel Grégory Allione, président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF) et directeur du Sdis 13, a salué l’action du gouvernement, notamment sur les avancées obtenues via la loi Matras. Cette loi, adoptée le 7 octobre dernier, consolide le modèle de sécurité civile et modernise les services d’incendie et de secours. Elle favorise l’engagement, l’expérimentation d’un numéro unique d’appel d’urgence et la mise en place d’une réserve citoyenne des services d’incendie et de secours. L’expérimentation sur le numéro unique est inscrite dans le projet de loi du député Fabien Matras. Elle débutera dès janvier 2022 avec trois plateformes différentes : une plateforme unique où arriveront les appels au 15 (Samu), au 17 (police-secours) et au 18 (sapeurs-pompiers) ; une autre uniquement pour les appels au 15 et au 18 ; et une troisième regroupant les appels au 15 et aux urgences médicales.

La surcotisation de la prime de feu enterrée

L’objectif est d’avoir, dans deux ans, au-delà du numéro unique, une organisation unique de la prise d’appels téléphoniques. «  Cette loi était attendue, merci car ce texte consacre ce que nous attendions », s’est réjoui le colonel Allione. Olivier Richefou, président de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours (CNIS), va dans le même sens : « Nous sommes le seul pays européen à ne pas appliquer le numéro unique. Il faut savoir raison garder. On a une organisation qui date du XXe siècle et des réticences issues du milieu de la santé qui sont très fortes. Aussi, il faut le rappeler, il y a un test qui mettra aussi en lien le 17. Il y a des résistances naturelles chez nos amis de la police et de la gendarmerie de mettre en commun ces moyens-là. Mais c’est tout l’intérêt du test. Le président réaffirme cet engagement et cela a été très bien perçu par l’ensemble des sapeurs-pompiers de France », a-t-il assuré à nos confrères de Ouest-France. Pour finir, Emmanuel Macron a confirmé la suppression de la surcotisation de la prime de feu, qui aurait entraîné une baisse des salaires des sapeurs-pompiers. Autant de bonnes nouvelles pour clore idéalement ce congrès marseillais.

Stéphane Menu

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