Les communes peuvent créer un CLSPD dédié à la prévention de la radicalisation

Sécurité

Les élus doivent collaborer au repérage des personnes tentées par la radicalisation, en particulier à l’aide des conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance.

Maillon essentiel à la prévention du terrorisme, les communes doivent s’associer aux mesures prévues par le plan de lutte contre la radicalisation violente et les filières terroristes d’avril 2014. Elles peuvent s’appuyer sur un guide de la prévention de la radicalisation publié en mars dernier. Fruit d’un travail interministériel, ce document de trente-six fiches pratiques décrit les moyens de détection et de signalement, les modalités de coordination et d’animation territoriale, et les différents outils d’accompagnement psychologique, éducatif, social et professionnel dont disposent les préfets pour animer les cellules départementales de suivi de la radicalisation.

Deux circulaires de 2015 prévoient d’articuler les cellules de suivi préfectorales et les conseils locaux ou intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLISPD) pilotés par les maires. Le suivi des situations de radicalisation est organisé de manière pratique dans le cadre d’un CLSPD thématique. Les communes doivent transmettre au préfet un compte rendu reprenant les mesures qu’elles proposent aux personnes radicalisées.

Le guide appelle ainsi les élus à détecter les jeunes de 16 à 25 ans en cours de radicalisation et à transmettre « de manière impérative » les informations à un service de renseignement : service départemental de renseignement territorial, gendarmerie… Le service assurerait ensuite un suivi, et les cellules préfectorales pourraient confier aux maires certaines actions d’accompagnement des personnes détectées – en particulier lorsqu’elles sont en voie de radicalisation du fait de difficultés sociales – et de leur famille, à mener au plus près du lieu de résidence.

La commune pourra collaborer avec différentes entités : services communaux d’action sociale, établissements médico-psychologiques, missions locales pour l’emploi, services civiques, Éducation nationale… Le CLISPD, à vocation territoriale ou thématique, pourra effectuer un suivi des situations confiées par la cellule préfectorale et proposer un accompagnement des personnes et des familles concernées.

Ce dispositif suppose une mobilisation active des élus et des services municipaux ainsi que des intervenants locaux avec qui elles travaillent au quotidien : médiateurs, éducateurs, centres communaux d’action sociale, coordonnateurs CLSPD, police municipale, établissements hospitaliers, missions locales. L’échange d’informations repose sur les outils habituels de prévention de la délinquance (charte déontologique et déclaration conforme à l’autorité de la CNIL).

 

Marie Gasnier

 

Prévention à l’école

Les établissements scolaires doivent diffuser des messages préventifs et le personnel (enseignants, conseillers d’éducation, directeurs d’écoles…) doit apprendre à repérer les situations à risque. Elles se manifestent notamment par différents signaux d’alerte : rupture relationnelle aggravée ou généralisée, contestations répétées, multiplication des absences, déscolarisation soudaine, rupture avec la famille, nouveaux comportements alimentaires ou vestimentaires, modification du discours, intérêt « soudain, manifestement excessif et exclusif » pour une religion ou une idéologie…

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