Les forces de l’ordre doivent « s’adapter à la société de l’image », selon Gérald Darmanin

Sécurité

Les forces de l’ordre « doivent se moderniser » et notamment « s’adapter à la société de l’image », a déclaré le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, lundi 8 février 2021, lors de la première table ronde du « Beauvau de la Sécurité » consacrée aux relations entre la police et la population.

« Les forces de sécurité doivent se moderniser sans cesse », a dit le ministre, insistant sur la nécessité pour ces dernières de s’« améliorer » sur la communication.

« Nous devons absolument nous adapter à la société de l’image », a précisé M. Darmanin, qui souhaite « moderniser » les « outils législatifs » afin que la police puisse mieux communiquer sur les enquêtes et mieux « répondre aux attaques ».

Le sondeur Jérome Fourquet, de l’institut IFOP, a rappelé que selon un sondage réalisé en début d’année, 6 français sur 10 ressentent « confiance ou sympathie » à l’égard de la police, un niveau stable depuis « juin 2012 ».

Mais il y a « des fluctuations en fonction d’un certain nombre d’affaires », a-t-il poursuivi, en citant notamment l’affaire Michel Zecler, du nom du producteur de musique noir, violemment frappé par des policiers en novembre. Après cette affaire, « l’institution a perdu 10 points » de confiance en décembre, selon M. Fourquet.

« 27 % de la population éprouve inquiétude ou hostilité » vis-à-vis de la police, « soit 10 millions de Français », a encore dit le sondeur. 

« Une partie de la population est définitivement irréconciliable avec la police », a de son côté déclaré Frédéric Veaux, directeur général de la police nationale, pour qui « nous devons concentrer nos efforts vers cette partie de la population qui doute de notre action ».

« Ce qu’on ne fait pas, c’est d’avoir un contact assez important avec les citoyens », a pour sa part regretté le député LREM Jean-Michel Fauvergue, ancien policier. « La police et la gendarmerie sont des polices d’intervention essentiellement. La police de voisinage n’existe plus en France », a-t-il déploré.

« L’administration doit changer son logiciel », a encore plaidé M. Fauvergue. « Accepter peut-être un peu moins de résultats chiffrés, sur les arrestations », notamment. Il faut « se persuader que le contrôle d’identité n’est pas l’alpha et l’omega du travail de police », a-t-il dit, rappelant que ce dispositif était « largement décrié » par une partie de la population.

Concertation inédite sur la police, le « Beauvau de la sécurité » doit durer jusqu’au mois de mai, avec des débats tous les quinze jours. La prochaine table ronde, le 22 février, aura pour thème l’encadrement des jeunes policiers.

Copyright © AFP : « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2021

Posté le par

Recommander cet article