Urgences : Emmanuel Macron favorable à une expérimentation régionale du numéro unique

Sécurité

Le 112, numéro unique d’appel d’urgence qui regroupe les actuels 15 (Samu), 17 (police) et 18 (pompiers), va être expérimenté prochainement à l’échelle d’une « région entière », a annoncé mardi 27 octobre 2020 la Fédération nationale des sapeurs-pompiers (FNSPP) après une rencontre avec Emmanuel Macron.

Le président de la République, qui a reçu lundi 26 octobre à l’Élysée la FNSPP, « souhaite faire une expérimentation sur une région toute entière », a expliqué à l’AFP le colonel Grégory Allione, président de cette fédération qui chapeaute les 247 000 sapeurs-pompiers de France.

La région expérimentatrice n’est pas encore arrêtée, mais une réunion de travail avec le gouvernement est prévue « avant la fin de l’année » pour avancer sur ce sujet, a-t-il précisé.

Surchargés par les appels de toute nature, les pompiers réclament depuis des années la refonte du système d’appel d’urgence pour pouvoir se concentrer sur les interventions cruciales.

Pour cela, ils souhaitent que le 112 soit identifié comme numéro unique d’urgence et adossé à des plateformes d’appels communes dans chaque département afin de centraliser les appels au Samu, à la police et aux pompiers. En parallèle, ils réclament l’instauration d’un numéro 116 117, dédié aux services médicaux non urgents.

« Pour passer à ce système-là, il va falloir éduquer les populations », a ajouté M. Allione. « Tout le monde doit comprendre qu’aller aux urgences pour quelque chose de bénin sature nos urgences et fait perdre du temps aux uns et aux autres. Il y aura toute une éducation à faire. »

Dans un rapport interne au vitriol sur la gestion de la première vague de l’épidémie de Covid-19, la FNSPP avait dénoncé en juillet la saturation du numéro d’urgence 15, régulé par le Samu avec, selon elle, des temps d’attente avoisinant parfois les quarante minutes.

Ce document, qui avait fuité dans la presse, regrettait aussi que le pilotage de la crise ait été confié au ministère de la Santé et à ses Agences régionales de santé, au détriment du ministère de l’Intérieur et des préfets.

Alors que le gouvernement vient d’instaurer un couvre-feu et songe à durcir les mesures pour tenter d’endiguer la deuxième vague de l’épidémie, la rencontre avec le président Emmanuel Macron a été l’occasion d’aborder « une gestion de crise pragmatique », a expliqué M. Allione.

« Ce qu’on perçoit, c’est que les préfets sont plus à la manœuvre et on souhaite qu’ils restent à la manœuvre. Ce sont eux qui peuvent mobiliser tous les acteurs d’un département », s’est-il réjoui.

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