80 km/h : deux ans après l’expérimentation, pas de retour en arrière envisagé

Urbanisme

La nouvelle Déléguée interministérielle à la sécurité routière (DISR), Marie Gautier-Melleray, a écarté pour le moment tout rehaussement de la limitation de la vitesse sur le réseau secondaire, indiquant lundi 20 juillet 2020 que l’abaissement à 80 km/h avait, au bout des deux ans d’expérimentation, « démontré son efficacité ».

Interrogée lors d’un point-presse sur le fait de savoir si, dès lors, la mesure était définitivement entérinée, Mme Gautier-Melleray a répondu qu’il ne lui « appartenait pas de se prononcer sur l’avenir » et que « la mesure figurait dans le Code de la route ».

Pour appuyer son propos, elle a affirmé que la mesure avait permis d’épargner 349 vies hors agglomération et hors autoroute en France métropolitaine entre le 1er juillet 2018 – date d’entrée en vigueur de la mesure – et le 28 février 2020, par rapport à la moyenne des années 2013 à 2017.

Le bilan a été arrêté avant le mois de mars pour qu’il ne soit pas impacté par la crise sanitaire.

Ces chiffres sont issus du rapport rendu par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement), qui avait été missionné par le Premier ministre d’alors, Édouard Philippe, pour effectuer une évaluation au bout de deux ans.

Édouard Philippe avait introduit une clause de revoyure au 1er juillet 2020.

Face au mécontentement d’une partie de la population concernant l’abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale sur les routes à double sens sans séparateur central, perçu par certains comme liberticide et anti-ruralité, les départements ont, depuis fin décembre 2019, la possibilité de repasser la limitation à 90 km/h.

À l’annonce de la mesure, Édouard Philippe avait déclaré qu’elle permettrait d’épargner « 300 à 400 vies par an », alors que les routes hors agglomération et hors autoroute concentrent plus de la moitié du nombre total de tués.

L’objectif n’a pas été atteint. « Je ne crois pas que 349 vies épargnées puissent nécessairement être considérées comme un échec. Est-ce qu’on peut faire mieux ? Oui. Est-ce qu’on doit faire mieux ? Oui », a commenté Mme Gautier-Melleray.

Selon le Cerema, le passage à 80 km/h a par ailleurs fait perdre aux conducteurs en moyenne une seconde par kilomètre sur un trajet quotidien, et la mesure est désormais bien plus acceptée qu’il y a deux ans : 48 % des Français y sont favorables (30 % en avril 2018), et 20 % tout à fait opposés (39,8 %).

« On est dans une tendance qu’on avait déjà pu observer pour d’autres mesures très emblématiques de la Sécurité routière, où dans un premier temps il y a une résistance à ce qui est perçu comme étant une atteinte à une liberté. Et le temps passant on se rend compte que finalement la contrainte n’était pas aussi élevée que ce qu’on avait craint (…) », a commenté Mme Gautier-Melleray, en référence au port obligatoire de la ceinture ou au permis à points.

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