Inondations : comment maintenir le fonctionnement des réseaux ?

Urbanisme

En période d’inondation, certaines mesures s’imposent pour assurer un fonctionnement minimal des réseaux structurants : routes, eau, énergie, télécoms.

On l’a vu ces jours derniers, en période d’inondation, l’eau menace les installations des différents réseaux : énergie, eau, transports et télécommunications. Le Centre européen de prévention du risque d’inondation (Cepri) a publié un guide pour aider les gestionnaires à anticiper et à faire face aux défaillances, en assurant la continuité de fonctionnement. Il convient en effet de satisfaire les besoins prioritaires des habitants et d’éviter de propager les dysfonctionnements à d’autres réseaux et à d’autres territoires.

Le guide explique notamment comment maintenir un service minimum, partiel ou dégradé, pendant la crise, afin d’assurer les besoins essentiels des usagers. Il s’agit, par exemple, de créer des espaces de stockage temporaires : transférer les déchets sur un parking, installer des bâches ou des citernes souples pour stocker l’eau chez les particuliers… Il est également possible de prévoir des stations d’épuration sommaires pour traiter les eaux, tout en incitant les citoyens à limiter les effluents ; le cas échéant, il faut réserver les stations aux établissements sensibles. Ces mesures évitent d’éventuelles évacuations pour insalubrité.

Si les réseaux, affaiblis par l’inondation, sont encore en état de fonctionner de façon réduite, il faut moins les solliciter pour limiter les défaillances. Il est alors possible de maintenir un service restreint pour tous les usagers, en leur donnant des consignes strictes de maîtrise de la demande. Si nécessaire, la distribution du service sera limitée et des usagers prioritaires seront sélectionnés, en organisant un compartimentage ou des coupures. Lors de la tempête Sandy en 2012, la ville de New York avait ainsi limité l’alimentation de gaz à raison de deux heures par quartier et par jour. Réduire la distribution permet aussi de réparer temporairement le réseau.

Les réseaux de collecte d’eaux usées et de déchets peuvent connaître des difficultés de rendement en cas d’inondation ; il convient de limiter leur charge pour l’adapter au débit réduit qu’ils sont momentanément capables de traiter.

Le réseau routier doit être adapté aux contraintes liées à la montée des eaux, en réduisant la circulation (plaques d’immatriculation, nombre de passagers minimum…) pour éviter les embouteillages et assurer la circulation des véhicules prioritaires : secours, intervenants réseaux… Il faut prévoir parallèlement de renforcer les transports en commun.

Lorsque l’eau potable doit être coupée (intrusion d’eau de crue, dysfonctionnement de l’usine de traitement…) mais que les installations fonctionnent, une surdose de réactifs (chlore notamment) peut parfois compenser la mauvaise qualité d’eau. La distribution peut aussi être maintenue, à condition de prévenir la population qu’il faut réserver l’eau du robinet aux tâches ménagères.

En tout état de cause, la commune et les gestionnaires de réseaux doivent mutualiser les moyens, rassembler les ressources disponibles et assurer une coordination, en vue de maintenir un service minimum et d’accélérer le retour à la normale.

 

Marie Gasnier

 

Source : Le territoire et ses réseaux techniques face au risque d’inondation, Guides du Cepri, 2016

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