Les images en 3D se développent dans les collectivités

Urbanisme

Simulation, communication, aide à la décision… : les images en 3D apportent une nouvelle vision des projets de la collectivité. Une charte internationale atteste l’éthique de leur utilisation.

Les maquettes tridimensionnelles (3D), dans lesquelles il est possible de naviguer en temps réel, peuvent être utiles dans de nombreux domaines : simulation de projets urbains, concertation autour d’un nouveau plan local d’urbanisme (PLU), sensibilisation au risque d’inondation sur un territoire, analyse du rayonnement électromagnétique des antennes-relais de téléphonie mobile… Sauf pour les petites communes, à cause de son coût trop élevé, la simulation 3D sera bientôt incontournable, selon les experts réunis par le Grand Lyon, le 17 octobre1.

En effet, les images permettent aux services de simplifier les descriptions lorsqu’ils présentent les projets aux élus ; elles facilitent aussi la communication auprès des habitants, pour qui la lecture d’une carte traditionnelle en 2D est parfois difficile, et qui ne comprennent pas toujours les termes techniques des projets d’aménagement. Selon les enjeux et les personnes à qui est destinée la simulation 3D (architectes, bureau d’études, élus, grand public…), il faut donc choisir des échelles de représentation et de modélisation différentes.
 

Compléter avec d’autres outils de communication

Pour communiquer auprès des riverains, il ne faut pas utiliser la 3D trop tôt, lorsque le projet n’est pas encore arrêté, au risque d’avoir des difficultés à expliquer ensuite toute modification ; cela risquerait de figer un projet qui n’est pas abouti. Il faut, au contraire, leur montrer plusieurs scénarios dans lesquels la négociation est encore possible, tout en restant ferme sur ce que la collectivité a déjà décidé. Il faut aussi compléter la 3D avec d’autres outils : maquettes 2D, cartes, plaquettes d’information…

La société publique locale d’aménagement (SPLA) de Lyon-Confluence, nouveau quartier lyonnais de 150 hectares, utilise une maquette 3D pour montrer aux habitants l’évolution du site au fur et à mesure des travaux et pour effectuer des simulations (acoustique, thermique, circulation routière…) avec les architectes et concepteurs. Dès novembre 2012, la SPLA présentera aussi une maquette 3D simplifiée sur son site internet.
 

Une charte d’éthique internationale

Les maquettes tridimensionnelles sont encore assez complexes à manipuler. Peu d’agents ont la formation nécessaire et il n’existe pas de normes d’utilisation. Depuis 2010, une charte internationale d’éthique et de déontologie, « 3D OK », engage le signataire à ne pas détourner l’utilisation des images de synthèse (pour enjoliver la réalité, en privilégiant l’esthétique ou en occultant certains problèmes). L’adhésion est volontaire. Comme plus de 250 organismes dans vingt pays, le Grand Lyon a signé la charte d’éthique de la 3D, le 17 octobre. Elle repose sur trois principes :

  1. Assurer une représentation crédible du territoire : les images de synthèse ne doivent pas influencer le décideur, le maître d’ouvrage ou le public à leur insu. Les données doivent être « fiables et actuelles », officielles de préférence, de bonne qualité et suffisamment représentatives du territoire concerné par le projet.
  2. Assurer la plus grande transparence (préciser les objectifs de la scène 3D, mentionner toute transformation des données, ne pas utiliser de données portant atteinte à la vie privée…).
  3. Développer les réseaux et la formation 3D (mutualiser les bonnes pratiques, favoriser la création de réseaux de partage et de forums, promouvoir la charte…).

Un comité d’éthique et de déontologie s’assure du respect, dans la pratique, de ces principes.

Marie Gasnier

1. Colloque « L’usage de la 3D en matière d’urbanisme et d’aménagement » : http://www.grandlyon.com/
 

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