Ce MOOC présenté mardi 31 mars au forum international de la Cybersécurité à Lille sera hébergé à partir de mi-avril par l’Association des Maires de France et disponible gratuitement pour les collectivités dont plus de 5 000 ont sollicité une assistance cyber en 2025 (une hausse de 22 %).
Comme une sorte de « kit de crise », ce MOOC entend « sensibiliser sans effrayer, et de manière ludique » les collectivités à ces risques qui, avec l’essor des structures et objets connectés, « vont se multiplier », résume auprès de l’AFP le général de division Patrick Touak, chef du COMCYBER-MI.
Des tableaux blancs et crayons papiers à installer dans la cellule de crise, au réseau informatique alternatif jusqu’aux contraintes juridiques – comme le délai de déclaration à la Cnil si des données à caractère personnel ont été hackées, il s’agit d’outiller des collectivités pour l’heure préparées de façon hétérogène à faire face « aux impacts transverses de la crise ».
« Chaque heure ou chaque journée qui est perdue dans la détection d’une attaque cyber peut avoir des conséquences importantes », relève le général Touak, et il s’agit donc d’en limiter la propagation et les dégâts qui « peuvent rester longtemps ».
Simulations et enjeux de protection des données à caractère personnel
Outre un volet à destination des élus en tant que personne, le MOOC comprend une simulation sous forme de scénario évolutif destiné, entre autres, à repérer comment une apparente lenteur de logiciel peut annoncer une attaque d’une grande ampleur.
Les collectivités « recèlent d’informations personnelles sur les gens », des données qui aux yeux des criminels peuvent « conserver une valeur durable » et ont, à la revente sur le darkweb « un poids supérieur aux données de clients d’une boulangerie » par exemple, souligne la lieutenant-colonel Sophie Lambert.
Les collectivités figurent parmi les quatre secteurs qui concentrent 76 % des incidents, selon l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) : l’Éducation et la recherche (34 %), les ministères et les collectivités territoriales (24 %), la santé (10 %) et les télécommunications (9 %).
En 2025, sur les 128 compromissions par rançongiciel portées à la connaissance de l’ANSSI, la part des collectivités territoriales était de 11 %.
L’impact de la directive NIS 2 sur la gouvernance locale
Le MOOC du COMCYBER-MI intervient alors que la directive « NIS 2 » sur la sécurité des systèmes d’information, votée par le Parlement européen fin 2022, doit être transposée en France. Avec elle, les mairies seront soumises à diverses obligations en matière de gouvernance de cybersécurité, comme celles de notifier les incidents à l’ANSSI, et de se soumettre à des contrôles assortis de potentielles sanctions.
Copyright © AFP ; « Tous droits de reproduction et de représentation réservés ». © Agence France-Presse 2026
