Le gouvernement veut transformer les Ehpad en Maisons France Autonomie

Publié aujourd'hui à 14h30 - par

Les départements s’inquiètent de la volonté de la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes de renommer les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes.

Le gouvernement veut transformer les Ehpad en Maisons France Autonomie
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La ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées a annoncé le 24 avril 2026, à l’occasion d’un déplacement dans le Pas-de-Calais, son intention de changer le nom des Ehpad pour en faire des Maisons France Autonomie. Cette « transformation » interviendrait « d’ici 2027 » et Maisons France Autonomie deviendrait « un label qu’on va travailler d’ici septembre », a précisé Camille Galliard-Minier. La ministre avait déjà annoncé mi-avril 2026 une grande mobilisation nationale France Autonomie dans les prochaines semaines, prélude à la réunion, en octobre, d’une Conférence nationale de l’autonomie.

De profondes interrogations des départements

« Mais que cherche le gouvernement ? », interroge Départements de France (DF), pour qui cette annonce suscite des interrogations, tant sur le fond que sur la méthode. Sur le fond, « le changement de nom peut répondre à la volonté de faire évoluer des représentations parfois dégradées des Ehpad et de s’inscrire dans les transformations engagées par le secteur. Mais changer les mots ne suffit pas à changer la réalité. Plus qu’un effet d’annonce, le secteur attend des réponses structurelles », a réagi le 28 avril 2026 le président du conseil départemental de la Mayenne, Olivier Richefou, également président de la commission Grand âge des Départements de France (DF). Sur la méthode, DF exprime de « vives réserves » et regrette, une fois de plus, d’être informé d’une décision par voie de presse, sans concertation préalable. « Face au mur du grand âge, il est indispensable d’avancer avec des mesures fortes, concrètes et durables. Les départements sont prêts à prendre toute leur part, dans une relation fondée sur la confiance, le respect et la coopération avec l’État », réaffirme l’association des présidents de département.

« Le véritable enjeu est notre capacité collective à faire face au vieillissement de la population et à en assurer le financement. Cette opération de communication est insultante pour les départements et ne règle pas le problème de fond. Ce n’est pas en ripolinant une activité et en mettant France devant que l’on va être plus efficace. À force de prétendre tout savoir faire, l’État ne fait plus rien correctement, au plus grand désespoir de nos concitoyens. Les réponses ne peuvent être uniquement descendantes ou uniformes, la centralisation n’a jamais produit autre chose que de la sclérose. On ne réglera pas le problème du vieillissement de la même manière en Seine‑Saint‑Denis que dans le Cantal. Cela suppose du dialogue et de la co‑construction, avant de faire des effets d’annonce déconnectés de la réalité du terrain », renchérit le président de Départements de France, François Sauvadet.

Vers de nouvelles normes ?

DF tient à rappeler que les départements sont clairement identifiés comme les chefs de file des politiques d’autonomie. « Ce changement d’appellation ne règle en rien les enjeux de gouvernance et de financement, pas plus qu’il n’efface les renoncements successifs aux plans “grand âge” annoncés ces dernières années », insiste Olivier Richefou. Et le président du conseil départemental de la Mayenne de mettre en garde quant à la portée concrète de cette évolution. « Si cette nouvelle appellation devait s’apparenter à un label, il faudra être très attentif à ce qu’elle recouvre réellement : quels standards de qualité, quels moyens et quelles garanties pour les résidents comme pour les professionnels ? », demande le président du groupe de travail « grand âge » de Départements de France.


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