L’IA, soutien de l’intervention sociale et médico-sociale ?

Publié aujourd'hui à 11h00 - par

Le Cercle Vulnérabilités et Société restitue les principaux enseignements d’une démarche initiée sur l’avenir de l’intelligence artificielle (IA) dans l’accompagnement social et médico-social des personnes vulnérables.

L’IA, soutien de l’intervention sociale et médico-sociale ?
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Entre mai et décembre 2025, le Cercle Vulnérabilités et Société a mené, en partenariat avec Malakoff Humanis, la FEHAP et l’UDSM, une exploration pour tenter de répondre à la question suivante : « Et si l’intelligence artificielle pouvait aider le secteur social et médico-social à préserver la relation humaine, qui est au cœur de ses métiers, en l’allégeant de ce qui l’étouffe encore trop souvent : surcharge d’activité, ruptures de parcours, complexité des démarches… ? ». À travers l’analyse de 150 cas d’usage internationaux, 8 entretiens avec des experts, et un workshop collaboratif réunissant 25 représentants des parties prenantes de terrain – professionnels, personnes accompagnées, aidants, décideurs –, la démarche a permis de « sortir des fantasmes (positifs comme négatifs) pour identifier les leviers clés de réussite et d’efficacité », se félicitent ses promoteurs. Le fruit de leurs travaux fait l’objet d’une note de restitution publiée début mai 2026.

Des conditions préalables

Avant de répondre à la question, le Cercle Vulnérabilités et Société pose « trois conditions non négociables » au déploiement de l’intelligence artificielle (IA) dans le secteur social et médico-social.

Première condition : placer la confiance avant la technologie

L’acceptabilité représente le « vrai défi, bien plus que celui de la performance technique. » Les acteurs veulent de la transparence, du consentement éclairé, le droit de refuser sans préjudice, et l’assurance absolue qu’une décision automatisée ne remplacera jamais le jugement humain, insistent les rédacteurs de la note.

Deuxième condition : viser l’augmentation des capacités humaines plutôt que l’automatisation mécanique

Les usages les plus porteurs ne sont pas ceux qui détectent ou prédisent, mais ceux qui libèrent du temps pour la relation, facilitent l’expression des personnes, rendent les démarches compréhensibles, préservent la mémoire de l’accompagnement malgré l’instabilité des équipes, observe le Cercle Vulnérabilités et Société.

Troisième condition : commencer petit, simple et concret

On est loin des fantasmes de « méga-plateforme IA ». Les précurseurs dans le secteur s’appuient sur ce que le Cercle Vulnérabilités et Société a baptisé des « Small Companions ». À savoir : des assistants restreints, ciblés sur un irritant majeur, coconstruits avec les utilisateurs et éthiques by design.

Trois pistes d’expérimentation

Au terme de cette démarche que ses instigateurs estiment ou souhaitent « provisoire », ceux-ci mettent en avant trois pistes d’expérimentation. Trois « Small Companions » émergent de leurs travaux, qui incarnent trois approches en matière de soutien à l’intervention sociale et médico-sociale. À savoir :

  • Lucie, le booster de la qualité relationnelle dont l’enjeu est de préserver la continuité des prises en charge, quels que soient les changements d’intervenant ;
  • Étienne, l’auxiliaire situationnel qui entend aider les personnes concernées à clarifier et exprimer leurs besoins, sans se substituer aux professionnels, mais en proposant un accès permanent 24 h/24 et 7 j/7 ;
  • Hector, l’agent d’inclusion qui propose de guider pas à pas les personnes dans les démarches administratives et de les orienter vers les bonnes ressources locales.

Chacun d’eux a fait l’objet d’une feuille de route facilitant son expérimentation et permettant, dès aujourd’hui, de sélectionner des territoires pilotes, assure le Cercle Vulnérabilités et Société. Selon lui, ce sont les trois pistes d’expérimentation « les plus crédibles » à ce jour.

« L’IA au service de l’humain, pas à sa place », résume en conclusion le Cercle Vulnérabilités et Société. À l’issue de la démarche, ses promoteurs, « conscients des conditions de réussite nécessaires à sa mise en œuvre », ont néanmoins acquis la conviction que « l’IA présente un puissant intérêt pour le secteur social et médico-social. »

L’enseignement principal réside peut-être dans l’idée que l’acceptabilité précède la performance technique, répètent les rédacteurs de la note de restitution. Les trois « Small Companions » développés tentent d’apporter une réponse qui découle directement de leur conception : ils évitent le fantasme d’une « méga-plateforme » généraliste, se présentant plutôt comme des assistants au périmètre volontairement restreint et sur lequel l’humain garde toujours la maîtrise. Le passage de la conception à l’expérimentation constitue un enjeu délicat qui réclamera l’interopérabilité entre les systèmes existants au sein d’une multitude d’acteurs, la formation et l’accompagnement au changement des équipes sous peine de créer des « outils de plus » déconnectés des pratiques réelles, prévient le Cercle Vulnérabilités et Société. Avant d’ajouter, avec optimisme : « Réussir cette nouvelle phase promet des opportunités intéressantes, de degré et de nature divers : démontrer qu’une IA éthique et acceptable dans le secteur social et médico-social est possible, assurer la montée en compétence collective sur les questions d’IA, contribuer à un débat public plus nuancé sortant de l’opposition classique “technophiles” contre “technophobes”. »


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