Dans cet avis rendu le 16 juillet, elle constate un trou de 142,4 millions d’euros représentant 6,97 % des recettes de fonctionnement de la collectivité, soit au-delà du seuil de déficit « excessif » (5 %) fixé par le Code général des collectivités territoriales.
Le déficit, que l’exécutif girondin avait établi pour sa part à 38,5 millions d’euros, est alourdi de quelque 92 millions d’euros de charges, liées principalement à la compétence sociale du Département, qui auraient dû être rattachées à l’exercice passé selon la CRC, ce que la collectivité contestait.
« La Chambre demande de rattacher 14 mois de RSA et 13 mois de prestations sociales, ce qui mécaniquement crée un déficit quand, dans le même temps, le Département ne perçoit que 12 mois de recettes sociales », a commenté lundi 20 juillet 2026 la collectivité.
De longue date, celle-ci avait pris l’habitude en fin d’exercice, faute de trésorerie, de décaler certaines dépenses d’une année sur l’autre, pour les deux derniers mois de versement des allocations du RSA par exemple. Mais dans le cadre de son contrôle entamé l’été dernier, après un déficit déjà conséquent en 2024, la CRC a demandé de revenir à l’annualité budgétaire.
La procédure initiée par ce déficit « excessif » est une situation « totalement inédite pour un département », souligne Vincent Léna, président de la CRC. Elle implique qu’à partir de 2027, l’élaboration des finances girondines n’aura que deux issues possibles : être validée par la CRC ou être reprise en main par la préfecture – l’équivalent d’une mise sous tutelle.
Plan de redressement des finances départementales
La CRC a déjà mis sur pied un plan de redressement des finances départementales, dont elle a réitéré lundi 20 juillet les mesures d’économies, de désendettement et de limitation de l’investissement.
« La Chambre n’identifie pas de mesure supplémentaire. La priorité pour le Département est de mener son plan de retour à l’équilibre », souligne la collectivité qui pense pouvoir l’achever d’ici 2028, année électorale. Irréaliste pour l’instance de contrôle, qui juge l’horizon 2029 déjà « ambitieux ».
Le président socialiste du Département, Jean-Luc Gleyze, dénonce régulièrement un désengagement financier de l’État aux dépens des collectivités et des dépenses qu’elles doivent assumer, notamment les prestations sociales qui, « si elles étaient compensées à 100 % », augmenteraient le budget de la Gironde de « 370 millions d’euros ».
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