Après bientôt trois années d’existence, le Centre d’analyse contre les atteintes aux élus (CALAÉ), qui a présenté fin juillet 2026 son rapport d’activité 2025, « a atteint une forme de maturité qui en fait désormais un dispositif pleinement opérationnel, identifié, et dont la place est devenue incontournable », estime le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. L’an dernier, le CALAÉ a ainsi recensé 2 478 faits, soit un niveau équivalent à celui de 2024, qui en avait enregistré 2 501 (- 0,9 %), après le pic atteint lors de l’année 2023, « année noire des violences contre les élus. »
Plus des deux tiers (68 %) des atteintes envers les élus concernent les menaces et outrages, observe le Centre d’analyse. Et, en 2025, 27 % de ces menaces et outrages ont été commis par voie cyber (contre 24 % en 2024). « Derrière ces chiffres, un seul constat : ces atteintes répétées contre les maires, les conseillers municipaux, les parlementaires, ou les membres du pouvoir exécutif, traduisent une violence de plus en plus décomplexée contre les hommes et les femmes qui sont les visages de la République – et donc contre la République elle-même », insiste le ministre de l’Intérieur.
Les maires, premières victimes
Les élus les plus touchés se révèlent les maires et conseillers municipaux, rapporte le CALAÉ. Les maires représentent ainsi près des deux tiers de l’ensemble des victimes : 65 % en 2025, après 64 % en 2024. Viennent ensuite les adjoints et conseillers municipaux (19 % en 2025, 18 % en 2024), les parlementaires – 13 % des victimes en 2025 comme l’année précédente (12 % pour les députés, 1 % pour les sénateurs).
Plus des trois quarts (77 %) des atteintes étaient commis à l’encontre d’un membre d’un exécutif local en 2023. Ce chiffre est monté à 82 % en 2024, puis à 84 % en 2025. « Cette tendance peut s’expliquer par le volume de maires dans le nombre d’élus et par le fait que le maire demeure le représentant de l’autorité le plus identifié par les citoyens », avance le CALAÉ.
La feuille de route du CALAÉ en 2026
Sensibilisation des élus
Le Centre d’analyse contre les atteintes aux élus veut notamment créer un module spécifique « atteintes cyber » de sensibilisation au profit des élus. Parmi les autres projets : effectuer un état des lieux des sensibilisations mises en place par le GIGN et le RAID sur l’ensemble du territoire ; valoriser l’action nationale gendarmerie et police en répertoriant et planifiant l’ensemble des formations ; améliorer la connaissance des acteurs locaux (préfectures, associations d’élus) de ces initiatives.
Justice
Le CALAÉ prévoit de créer une capsule vidéo intitulée « l’élu et la justice » pour accompagner celui-ci dans son dépôt de plainte et le suivi judiciaire de sa situation.
Suivi du Plan national de prévention et de lutte contre les violences aux élus
Après la création du CALAÉ, le gouvernement a annoncé, le 7 juillet 2023, un Plan national interministériel de prévention et de lutte contre les violences aux élus. Au programme : quatre axes déclinés en douze mesures ayant vocation à renforcer la sécurité des élus et à mieux prendre en charge et accompagner les victimes et leurs proches. Il s’agit désormais de suivre et d’évaluer les mesures déjà mises en place et les mesures législatives. Au programme : généraliser la démarche boutons d’appel ; mise en place de la mesure de sécurisation ponctuelle des locaux (64 projets validés en novembre 2025) ; relancer la communication sur la mesure de guichet psychologique et diffuser les éléments de communication sur les avancées du plan national.
Enfin, le CALAÉ diffuse les « Packs nouvel élu » pour chaque maire élu ou réélu en 2026.
