Les élus réclament une stratégie mobile adaptée aux réalités territoriales

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Alors que le nouveau président de la République confirme que le territoire sera desservi en très haut débit d’ici 2022, six associations d’élus exigent une refonte de la stratégie nationale mobile : redéfinition de la notion de couverture et doublement des sites ruraux couverts.

Les présidents de la République se succèdent, les ministres chargés du Numérique aussi, et chacun affirme à son tour que la couverture mobile du territoire doit s’achever… Emmanuel Macron ne déroge pas à la règle. En déplacement dans le Limousin le 9 juin, le chef de l’État a précisé son intention de désenclaver les zones rurales et de développer la mobilité physique et l’accessibilité numérique grâce à la 3G/4G. Rappelant le coût de déploiement des derniers kilomètres de fibre optique, il a déclaré qu’elle ne serait pas installée « partout jusqu’au dernier kilomètre dans le dernier hameau », et qu’il convenait de privilégier « une solution mixte mariant fibre et 4G à bon niveau partout » rapporte l’AFP.

Si elles considèrent que ces objectifs sont « en concordance avec leurs positions », six associations d’élus locaux et de collectivités* demandent que soit également adoptée une véritable stratégie. Les élus souhaitent que ce « plan France mobile » vise à aménager le territoire en infrastructures mobiles, alors que jusqu’à présent, les coûts d’acquisition des licences imposés aux opérateurs par l’État ne l’ont pas permis. En effet, il serait pour eux plus intéressant de privilégier les investissements à long terme que de financer des licences.

Par ailleurs, les usages évoluent. Citoyens et entreprises attendent, en mobilité, non seulement de recevoir des appels, mais aussi de pouvoir se connecter à internet et interagir avec des objets connectés.

La construction du plan devra associer les représentants du territoire et permettre à l’État, aux collectivités territoriales et aux opérateurs de travailler ensemble, avec plusieurs priorités, estiment les élus qui veulent tout d’abord, que la définition des zones dites « couvertes » soit revue pour correspondre à celle des zones de « bonne couverture » ou de « très bonne couverture » de l’Arcep, à commencer par la 4G. La précision de couverture devra être évaluée selon une maille inférieure à celle de la commune, afin de traduire avec exactitude ce que ressentent les utilisateurs en secteur rural. En effet, déclarer couvert un centre-bourg où l’on peut capter dans un rayon de 500 mètres du point central de la commune, généralement la mairie, ne reflète pas la réalité.

Une fois la notion de couverture redéfinie, les opérateurs devront la traduire en urgence dans les faits, en doublant au minimum le nombre de sites en secteur rural et en zone de montagne, y compris en y ajoutant des installations de plus petite taille (small cells). Enfin, pour suivre l’évolution du secteur, les associations d’élus demandent que la 5G – couverture mobile de nouvelle génération – soit généralisée à l’ensemble du territoire dans les cinq années qui suivront son premier lancement commercial.

Pour les associations d’élus, cette stratégie mobile devra aller dans le sens des efforts consentis pour déployer les réseaux fixes sur l’ensemble du territoire, et associer « impérativement » élus locaux et collectivités.

Marie Gasnier

 

*Association des Maires de France (AMF), Association nationale des élus de la montagne (Anem), Association des maires ruraux de France (AMRF), Avicca, Régions de France, Assemblée des départements de France

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