L’Institut de l’entreprise prône une concentration des pôles de compétitivité

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L’Institut de l’entreprise préconise la concentration des pôles de compétitivité, réduits à une dizaine et spécialisés dans des technologies dont les débouchés commerciaux sont les plus porteurs, dans un rapport publié mardi 4 décembre 2012.

La 11e journée nationale des pôles de compétitivité, à laquelle doit participer notamment le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg s’est ouverte mardi 4 décembre à Bercy. De nouvelles mesures à l’endroit de ces 71 pôles, dont le principe a été créé en 2004 doivent y être annoncées.

À cette occasion, l’Institut de l’entreprise publie un rapport dressant un bilan critique de ces réunions géographiques d’entreprises, d’universités et d’instituts de recherche soutenus par l’État pour développer l’innovation. Selon l’Institut, cette vision d’une politique centralisée conduite d’en haut était « pertinente dans le contexte d’après-guerre » mais est aujourd’hui dépassée, « dans une économie soumise à forte concurence ».

Les chiffres témoignent de cette évolution : les pôles de compétitivité représentent aujourd’hui 1,5 % des brevets, 4,5 % des dépenses de recherche et développement et 5 % des créations d’entreprises innovantes, cite-t-il. Parmi les 71 pôles de compétitivité existants à l’heure actuelle en France, 62 se partagent la moitié des financements, constate l’Institut de l’entreprise. « Sur 85 technologies d’avenir, seules treize sont correctement couvertes par les pôles », assure-t-il, alors que la France est compétitive dans trente-cinq.

L’Institut regrette le « saupoudrage » et la « dispersion » des financements, encore aggravés par l’existence à l’échelon local de dispositifs « qui se superposent au dispositif national ». « Il est donc urgent que l’État renouvelle sa vision stratégique et concentre son financement sur quelques technologies d’avenir« , estime-t-il, suggérant concrètement une « sélection faite sur la base des écosystèmes d’ores et déjà les plus performants et les plus engagés à l’international et non d’un choix a priori et de nature politique ».

« La clé du succès réside dans la capacité à transformer rapidement ces innovations technologiques en innovations commerciales », insiste-t-il. C’est pourquoi, il suggère que les pôles de compétitivité soient désormais davantage gouvernés par une logique de « services à leurs usagers que sont les entreprises » qu’à une logique de projet recherche et développement. Il faut « orienter les pôles vers un objectif clair de retour sur investissement », insiste l’Institut.

Enfin, l’avenir des pôles de compétitivité dépend selon lui de la capacité qu’aura l’État à y intégrer les grandes entreprises. « Les grandes entreprises apportent en effet aux écosystèmes dans lesquels elles s’inscrivent des compétences clés dont les acteurs de plus petite taille ne disposent pas, compétences à même de renforcer la productivité de l’ensemble de leurs partenaires », analyse-t-il.
 

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