Open Data Locale : un premier retour des territoires-pilotes attendu fin avril

Administration

Pendant douze mois, neuf territoires expérimentent l’ouverture des données « par défaut », qui sera obligatoire à partir d’octobre 2018 dans les collectivités de plus de 3 500 habitants.

Transparence de l’action publique, efficacité accrue des services publics, création de services innovants… : l’ouverture des données — open data — semble parée de toutes les vertus. Au point que la loi pour une République numérique de 2016 (loi Lemaire) impose aux collectivités de plus de 3 500 habitants de mettre désormais leurs données à disposition de quiconque souhaite les réutiliser pour proposer de nouveaux services. Cette disposition concerne 3 800 collectivités, évalue l’association OpendataFrance, dans son rapport sur les dispositifs d’accompagnement des collectivités à l’ouverture des données administratives, chargée par le gouvernement de conduire une expérience auprès de neuf territoires pilotes. L’expérimentation Open Data Locale durera douze mois, jusqu’en décembre prochain, préfigurant la généralisation pour 2018.

Fin 2016, seules cent cinquante collectivités s’étaient lancées dans l’open data. Soit 19 500 jeux de données (près de la moitié sont des informations géographiques), ayant permis de créer près de 350 applications, dont les trois quarts destinées à un usage mobile. Toutefois, OpendataFrance a relevé plusieurs difficultés qui freinent la réutilisation : absence de nombreuses données, multiplicité des portails, manque de standardisation, fragilité du modèle économique… Sans oublier la nécessité d’accompagner les citoyens. En outre, pour les petites collectivités, l’open data « n’est pas une priorité ». Peu référencées et peu structurées, leurs données sont généralement disponibles sous format papier ou .pdf. Elles ont souvent transféré leurs compétences informatiques à un syndicat informatique ou à l’intercommunalité, et ne disposent pas des ressources internes pour se charger de ce projet.

À l’issue de l’expérimentation, seront notamment définis un socle commun de données normalisées et des outils facilitant leur production, ainsi qu’un référentiel pédagogique et des formations. L’association a déterminé les informations les plus indispensables à ouvrir : délibérations et décisions du maire, données relatives à l’urbanisme (Scot, PLU), aux services urbains (eau, déchets, transports), filaire des voies et marchés publics (à condition de les rendre anonymes). Pour l’open data, les données doivent être des données brutes au format électronique, accessibles librement sur internet, structurées, à un format ouvert (et de préférence non propriétaire). Un jeu de données doit être associé à une licence d’utilisation.

Les territoires-pilotes testent les dispositifs d’accompagnement, en cohérence avec les démarches qu’ils ont déjà engagées, avec l’appui d’OpendataFrance.
 « La complexité et la pertinence des partenariats » entre l’État et les collectivités figurent parmi les volets étudiés. Une première restitution des travaux d’Open Data Locale aura lieu le 27 avril à Créteil (Val-de-Marne).

 

Marie Gasnier

 

La loi Lemaire crée également un service public de la donnée (les données essentielles) et impose la transparence des algorithmes des logiciels administratifs.

Posté le par Marie Gasnier

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