Seine-Saint-Denis : des groupes de travail à la préfecture après un rapport accablant sur les inégalités

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Éducation, justice, santé : le préfet de Seine-Saint-Denis a annoncé le 4 avril 2019 avoir installé des groupes de travail qui devront plancher sur les moyens de répondre aux inégalités subies par le département, dénoncées dans un récent rapport parlementaire.

Les groupes de travail porteront sur cinq grands thèmes : éducation, police, justice, santé et attractivité des services publics, a expliqué à l’AFP le préfet Pierre-André Durand.

Ils seront codirigés par un élu et un représentant des services de l’État. Début juillet, les groupes devront avoir réfléchi à des propositions pour « améliorer la qualité » des services publics, explique le préfet.

« L’idée est d’avoir une approche non pas sous l’angle unique des moyens », en travaillant aussi sur « des changements de méthodes ou des organisations différentes », ajoute-t-il. « Ensuite, nous aurons jusqu’à la fin du quinquennat pour mettre en œuvre nos feuilles de route, tant côté État que côté collectivités. »

À l’origine de cette démarche : la parution en mai 2018 d’un rapport parlementaire sur les moyens alloués à l’État dans le département, qui cumule les plus forts taux de pauvreté et de criminalité de France métropolitaine.

Intitulé « la République en échec », il avait notamment montré qu’enseignants, magistrats et policiers sont moins nombreux et moins expérimentés qu’ailleurs.

Pressé d’agir après sa publication, le Premier ministre Édouard Philippe avait promis d’« adapter l’action » de l’État aux enjeux du territoire et chargé le préfet de mettre en place et coordonner les groupes.

Comme l’avait précisé le chef du gouvernement, les groupes sont mis en place « dans l’esprit du pacte de Dijon, dans lequel l’État et les collectivités locales prennent des engagements réciproques ».

« Nous serons très vigilants sur la manière dont se déroulera le travail des groupes », indique à l’AFP François Cornut-Gentille (LR), co-auteur du rapport, qui souhaite que « ça se traduise par des engagements ».

Le rapport porte sur les « missions régaliennes de l’État », rappelle de son côté Stéphane Peu, député PCF du département, qui a participé à sa rédaction. « Ce qu’on attend surtout, c’est des choix budgétaires dans les trois prochaines lois de finances pour rattraper les retards signalés dans le rapport en matière de police, justice ou éducation. »

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