Suppression des départements: l’Association des départements de France dénonce « la brutalité de la méthode »

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Le président de l’Assemblée des départements de France (ADF), Claudy Lebreton (PS), s’est déclaré mardi 8 avril « abasourdi » et a dénoncé une méthode « brutale », après la proposition de Manuel Valls de supprimer d’ici à 2021 les conseils départementaux, nouvelle appellation des conseils généraux.

Dans un communiqué, M. Lebreton « dénonce vivement la brutalité de la méthode employée par le gouvernement puisqu’aucun échange préalable n’a eu lieu avec l’ADF avant cette annonce ». Il demande aussi à être reçu « dans les meilleurs délais » par le Premier ministre.

Dans sa déclaration de politique générale, le Premier ministre Manuel Valls a proposé « de réduire de moitié le nombre de régions dans l’Hexagone » (au nombre de 22, sans compter les quatre d’outre-mer) et « d’engager le débat sur l’avenir des conseils départementaux ». « Je vous propose leur suppression à l’horizon 2021 », a-t-il ajouté.

Selon Claudy Lebreton, qui est aussi président du conseil général des Côtes-d’Armor, le Premier ministre a eu « pleinement raison » de prévoir un débat « long et difficile » sur cette proposition. Il a souligné que les départements de France « mettront tout en œuvre dans les jours qui viennent pour démontrer la pertinence de leur existence pour nos concitoyens » et « prouveront que leur disparition n’engendrera pour la dépense publique aucune économie substantielle ».

Il indique que « dans les prochaines heures », il réunira « un bureau extraordinaire de l’ADF ». Il demande aussi à être reçu, « avec une délégation pluraliste, dans les meilleurs délais par le Premier ministre afin d’obtenir des explications ». « Cette exigence est légitime », affirme-t-il.

Selon Marie-Françoise Pérol-Dumont, présidente du groupe majoritaire (celui des départements de gauche) au sein de l’ADF, l’annonce de Manuel Valls à un an des élections prévues dans les départements, avec un nouveau mode de scrutin paritaire tout juste instauré, « fait perdre tout sens à cette élection » et « est tout autant incompréhensible qu’inacceptable ».

« Autant la nécessité de mutualisation interdépartementale et la suppression de clause de compétence générale s’entendent, autant cette annonce inconsidérée et abrupte de la suppression de l’échelon départemental est insupportable », a estimé dans un communiqué la présidente du conseil général de la Haute-Vienne.
 

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