CCAS : la politique RH des services d’aide à domicile

Aide à domicile

En partenariat avec la CNSA, l’UNCCAS vient de publier un recueil d’expériences mises en œuvre au sein des services à domicile des CCAS.

« Formation, nouveaux outils de management, prévention des troubles musculo-squelettiques et psychosociaux, adaptation des postes et des horaires, reclassement et reconversion, participation…

Les CCAS/CIAS innovent pour passer d’une logique de gestion des ressources humaines à une véritable politique RH, s’appuyant sur la qualité de vie au travail pour assurer la pérennité de ce secteur sous pression », se félicite l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (UNCCAS). Sous le titre « La politique « Ressources Humaines » au cœur des organisations », l’Union a ainsi publié en avril, avec le soutien de la CNSA, un « Focus sur des actions menées au sein de services d’aide à domicile ».

« Mener une véritable politique de ressources humaines, fondée notamment sur la qualité de vie au travail agit fortement sur la lutte contre l’absentéisme, la valorisation des métiers, poursuit l’UNCCAS. La qualité de vie au travail est enjeu de performance. Elle est aussi un levier de remobilisation des équipes. » À travers cette publication, elle a choisi de présenter 11 actions menées au sein de services d’aide à domicile gérés par des CCAS/CIAS. En effet, ces services sont exposés à une forte pénibilité, à des phénomènes d’usures professionnelles importantes pouvant entraîner des troubles musculo-squelettiques (TMS), voire conduire à des risques psychosociaux (RPS), pointe l’Union. Selon l’UNCCAS, les principales conditions de réussite de ces actions reposent sur « un pilotage par la direction générale, un fort soutien politique, et le fait d’associer les agents en les rendant acteurs à la démarche. » Présentation de deux d’entre elles :

  • CIAS de Seignanx : une équipe référente sur les questions liées à l’ergonomie

L’évaluation des risques professionnels réalisée en 2012 par le CIAS avait mis en évidence un développement de l’usure professionnelle et des accidents de travail liés aux TMS. Afin de prévenir ces risques professionnels (syndrome du carpien, maux de dos, chutes…), le CIAS de Seignanx a mis en place une équipe référente sur les questions liées à l’ergonomie.

Objectifs : prévenir l’usure professionnelle et réduire les accidents du travail, notamment via la formation « d’agents tuteurs en ergonomie ».

Résultats : le CIAS a enregistré une réduction spectaculaire du nombre d’accidents du travail liés aux TMS : de 70 % en 2014, de 100 % en 2015 ! Coût évité des arrêts de travail : 325 jours d’arrêts pour 8 agents, soit 26 571 euros d’absentéisme.

Le CIAS a également constaté une évolution de la relation agents/usagers, avec davantage de dialogue et d’écoute, une amélioration de la cohésion d’équipe et un moindre isolement des aides à domicile, mais aussi une valorisation et une responsabilisation des personnels référents, de même qu’une intégration facilitée et une opérationnalité immédiate des nouveaux agents.

  • CCAS de Villeneuve-le-Roi : une prise en charge multidimensionnelle de la qualité de vie au travail

Depuis 2013, les élus du CCAS proposent à leurs 53 agents un panel divers d’actions pour favoriser le bien-être au travail et prévenir les risques professionnels. « Ces actions émanent d’une véritable volonté politique d’autant plus que le coût de ces opérations est intégralement financé par le budget du CCAS », précise l’UNCCAS. Au programme : des séances de sophrologie, de  luminothérapie et d’aromathérapie, ainsi que des groupes de parole, l’ensemble étant conduit par une sophrologue ; des formations réalisées par un médecin gériatre et une kinésithérapeute (gestes et posture).

Objectifs : les objectifs affichés par le CCAS sont multiples : lutter contre l’usure professionnelle et l’absentéisme, favoriser les bonnes pratiques, permettre de mieux appréhender les difficultés et le stress liés à certaines missions.

Résultats : selon le CCAS, les agents font part d’une amélioration de leur capacité à gérer le stress et à appréhender des suivis difficiles de bénéficiaires. Certains agents qui passent des concours ou examens dans le cadre de leur évolution professionnelle ont aussi pu être aidés.

Les absences pour maladie ont fortement baissé : 1 128 jours en 2011 et 1 548 jours en 2012, avant la mise en place des actions ; 518 jours en 2014 et 791 jours en 2015, après la mise en place de ces actions.

Les agents apprécient ces dispositifs et sont très investis, ajoute le CCAS. Les groupes de parole du service d’aide à domicile avec la sophrologue fonctionnent sur la base du volontariat et seul un agent ne souhaite pas participer à ces séances. Concernant les séances de sophrologie, bien que certains agents restent réfractaires à l’utilisation des méthodes de sophrologie et ne réussissent pas à se mettre en situation de lâcher prise permettant une approche positive de la séance, 32 agents du CCAS, soit plus de la moitié de l’effectif total, sont venus régulièrement aux séances.

Ce recueil d’expériences est à télécharger sur : www.unccas.org

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