Le CESE pointe le manque de valorisation des métiers du domicile

Aide à domicile

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) vient d’adopter un avis intitulé « Le travail à domicile auprès des personnes vulnérables : des métiers du lien ».

La crise sanitaire liée au Covid-19 a mis en lumière « l’insuffisante valorisation » des métiers s’exerçant à domicile, auprès de personnes vulnérables (enfants, personnes en perte d’autonomie et touchées par la maladie ou le handicap), soutient le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dans un avis intitulé « Le travail à domicile auprès des personnes vulnérables : des métiers du lien », adopté le 9 décembre 2020. Celles et ceux qui les exercent ne bénéficient pas, selon le CESE, d’une juste reconnaissance de leur rôle pour répondre à nos besoins actuels et futurs en matière de lien social et de solidarité, en particulier lorsqu’il s’agit d’unir les générations.

Pour le Conseil, il est primordial de revaloriser ces métiers, « véritables vecteurs de la solidarité nationale ». Il s’agit également d’activer un levier substantiel d’égalité et de mixité professionnelle entre les hommes et les femmes, qui se répartissent encore trop souvent en fonction de représentations stéréotypées des compétences à partir du genre. Afin d’assurer à ces salariés – des salariées, dans leur immense majorité – la reconnaissance professionnelle qu’ils méritent, l’avis formule plusieurs préconisations.

  • Prendre en compte l’ensemble des temps de travail nécessaires

Les difficultés de recrutement dans les métiers du soin et du « prendre soin » sont aggravées par la détérioration tant de leurs conditions d’exercice, mise en évidence de manière accrue lors de la pandémie de Covid-19, que de leur mode de rémunération. Le CESE préconise donc de comptabiliser et de rémunérer l’ensemble des temps d’accompagnement, y compris ceux consacrés à la convivialité et aux loisirs, ainsi qu’à la vigilance sur l’état physique et moral de la personne aidée. Cette exigence implique un assouplissement de la gestion des plannings des services d’aide à domicile, ajoute le Conseil. Selon lui, le financement des interventions sur la base d’un forfait horaire global doit être généralisé pour permettre ces marges de manœuvre organisationnelles.

  • Former et qualifier les personnels
    • Faire, à terme, du Diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES) la certification de référence exigible pour l’accompagnement des personnes dépendantes.
    • Adapter et développer la VAE dans la filière pour qualifier les salariées actuellement en fonction, en s’appuyant sur les OPCO des branches concernées.
    • Inscrire les objectifs de formation du secteur médico-social dans les contrats de plan régionaux de développement de la formation et de l’orientation professionnelle.
    • Prévoir que soit délivrée, à terme, une carte professionnelle, afin de faciliter les démarches des salariés, pour la personne aidée, à l’extérieur du domicile.
  • Améliorer les conditions de travail et prévenir les risques professionnels
    • Assurer l’extension, par le ministère du Travail, de l’avenant à la convention collective nationale des assistantes maternelles qui prévoit, pour ces dernières, un dispositif de suivi de la santé au travail.
    • Augmenter le taux d’encadrement dans les Ehpad pour permettre une meilleure qualité des soins et une amélioration des conditions de travail.
  • Prévoir une programmation pluriannuelle des financements en faveur des métiers du lien

L’avis préconise l’élaboration d’un plan pluriannuel de qualification et de revalorisation des métiers du lien et de la prévention de la perte d’autonomie et l’inscription des moyens correspondants dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale. La future loi sur l’Autonomie et le Grand âge devra fixer le cadre des engagements réciproques de l’État, de la CNSA et des départements pour la réalisation de ce plan « métiers », conclut le CESE.

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