Vaccination : les aides à domicile « maillons essentiels » mal reconnus

Aide à domicile

Les aides à domicile, supports de la pédagogie vaccinale auprès des plus de 75 ans, sont prêtes une nouvelle fois à jouer le rôle de « maillon essentiel » dans la chaîne contre le Covid-19 mais attendent toujours une revalorisation salariale.

« On fait remonter les demandes, on s’occupe des inscriptions, on peut conduire au centre de vaccination », témoigne Laëtitia Maure, auxiliaire de vie dans les Pyrénées-Orientales.

Elles sont 226 000 aides à domicile ou auxiliaires de vie – 97 % sont des femmes – qui accompagnent les personnes âgées en perte d’autonomie dans leur quotidien. La vaccination contre le Covid-19, ouverte depuis lundi 18 janvier aux plus de 75 ans, « est un dossier en plus. Là encore, on est le premier maillon », ajoute Laëtitia Maure.

« On est rompu chaque année à participer à la campagne de vaccination contre la grippe. Les aides à domicile informent, rassurent aussi », explique Frédéric Brun, président d’Entr’Aide, une association parisienne qui emploie une trentaine de salariés intervenant auprès de quelque 200 bénéficiaires de 84 ans en moyenne.

Claire Perrault, secrétaire générale adjointe de la Fédération de l’aide à domicile (FNAAFP), rappelle que « la crise sanitaire a montré que les aides à domicile ont été un maillon essentiel dans l’accompagnement des personnes isolées ». Dans la stratégie de vaccination, elles sont « une personne de confiance » qui peut jouer un « rôle de sensibilisation, de relais et d’appui ».

« Misère salariale »

Pour Marc Dupont, vice-président de l’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles (UNA), il s’agit de faire « la pédagogie de la vaccination ». Cela peut donc aller de l’aide à la prise de rendez-vous en ligne, au déplacement, à la préparation au consentement et à la surveillance post-vaccinale.

Le directeur général de la Fédération du domicile (Adedom), Hugues Vidor, rappelle que la campagne actuelle concerne 5 millions de bénéficiaires de l’aide à domicile, dont un million éprouve des difficultés à se déplacer. L’Adedom dispose de 120 centres de santé infirmiers sur tout le territoire, dont beaucoup en zone rurale, et propose que ceux-ci viennent épauler les centres de vaccination. « Il faut tout faire pour que ça marche. On sera facilitateur. »

Marc Dupont pose néanmoins la question du financement de ce « temps supplémentaire » de travail « qui n’est pas neutre sur l’équilibre » des structures d’aide à domicile et n’est pas réglée.

D’autant qu’au sein d’une profession sous-payée, qui a du mal à recruter, la reconnaissance tarde à venir en dépit d’une mobilisation dès les premiers temps de la crise sanitaire.

« On sait se rappeler de ces personnels quand il s’agit de les impliquer dans les campagnes de vaccination. Quand il s’agit de revaloriser leurs conditions de salaire et de travail, c’est différent », regrette Estelle Pin, représentante du collectif des aides à domicile au sein de la CGT Organismes sociaux.

Le 12 janvier 2021, plusieurs centaines de soignants et personnels du médico-social, en grande majorité des aides à domicile, ont manifesté à Paris pour dénoncer leur « misère salariale » et réclamer de « fortes revalorisations », à l’appel de la CFDT dont le secrétaire général Laurent Berger réclame des « solutions concrètes » pour ces travailleurs de « deuxième ligne ».

Fin octobre, le gouvernement a donné son feu vert à une première hausse de 2,5 % des salaires des aides à domicile, une mesure très attendue car elle avait été négociée de longue date. 

Les professionnels attendent désormais que l’État avalise une autre hausse des salaires, de 12 % celle-ci, négociée en mai entre les partenaires sociaux et qui coûterait près de 500 millions d’euros, à répartir entre les départements, en charge de l’aide à domicile, et l’État.

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