Morizot, Sureau, Fleury… 3 conseils de lecture par Émilie Agnoux – EPT Grand Paris Sud Est Avenir

Bien-être des acteurs publics

Chaque mercredi, nous demandons à un acteur public parmi ce qu’il a lu ou relu, vu ou entendu – livres, articles, vidéos –  quels sont les 3 médias qui ont le plus nourri sa réflexion pendant cette crise sanitaire. Cette semaine, Émilie Agnoux, Directrice de la transformation et du dialogue social auprès du DGS de l’établissement public territorial Grand Paris Sud Est Avenir, nous partage ses lectures.

Émilie Agnoux Directrice de la transformation et du dialogue social à l’Établissement Public Territorial Grand Paris Sud Est Avenir

Émilie Agnoux

Baptiste Morizot, écrivain, philosophe et pisteur, maître de conférences à l’Université Aix-Marseille, et son ouvrage « Manières d’être vivants », découvert pendant mes vacances cet été. Un vrai ressourcement et un changement de perspectives dans le rapport entre vivants, entre humains et non humains. À travers ce livre, nous suivons Baptiste Morizot sur la trace des loups. Nous apprenons à décoder le vivant, ses comportements, ses interactions avec son environnement, ses congénères, les autres vivants. S’en dégage une folle envie de suivre Baptiste Morizot dans ses aventures, d’apprendre à observer ce qui nous entoure avec plus d’acuité, de recul, moins d’idées préconçues, plus de d’ouverture d’esprit, plus de bienveillance, plus de lucidité. Il en appelle ainsi à déployer une nouvelle forme de diplomatie, pour mieux vivre ensemble, et sortir des lectures binaires du monde. Le passage sur la relation pastorale entre bergers, moutons, chiens et loups devrait constituer une leçon fondamentale de la complexité des relations et inter-relations qui fondent le vivant. De quoi refonder toute une éthique de la décision et de l’agir collectif !

François Sureau, avocat, écrivain, qui nous alerte régulièrement sur l’état de la démocratie et des libertés en France, en particulier dans des périodes exceptionnelles, qui peuvent conduire à faire perdurer des mesures restrictives, et qui appelle à considérer les Français.e.s comme des citoyen.ne.s adultes et responsables ayant besoin qu’on leur dise la vérité, sans tomber dans les discours martiaux ou protecteurs. De quoi fonder une posture des acteurs publics sur une approche anthropologique plus positive et prenant appui sur la confiance a priori pour entrer dans l’âge de la maturité démocratique.

Cynthia Fleury, philosophe et psychanalyste, et son ouvrage « Ci-gît l’amer », qui nous aide à appréhender la santé dans sa globalité et à ne pas la réduire à une approche biologique, et à comprendre l’état émotionnel de notre société face à l’ambiguïté de la situation. Elle en appelle à prendre soin des individus en renversant les politiques publiques et en mettant l’accent sur l’éducation, la culture, la santé… le tout pour sublimer la « tentation ressentimiste » et préserver la démocratie définie comme « État social de droit ». Pour sortir de la réaction et transformer le monde, il faudra que chacun puisse retrouver du pouvoir d’agir à son niveau.

Propos recueillis par Hugues Perinel

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