Créer une « ville durable » nécessitera des moyens financiers

Développement durable

Aménager une ville durable est long, coûteux et difficile. Tout en ayant une approche globale, les élus doivent lancer des actions transversales, par tranches, en partenariat avec les entreprises.

L’enjeu des villes, face à l’urbanisation croissante, est de tendre vers des modèles plus durables et plus intelligents, en proposant aux citoyens des services évolués tout en consommant peu de ressources. Les technologies innovantes favorisent de nouveaux modes de gestion et le contrôle « intelligent » de la ville.

Diverses solutions et des études de cas illustrant la ville durable seront présentées lors du prochain salon Pollutec1 : mobilité, transport, gestion optimisée de l’eau, efficacité énergétique des quartiers…. Il s’agit de proposer une approche plus globale de ces questions, alors que l’innovation technologique est généralement cloisonnée en silos, explique Stéphanie Gay-Torrente, directrice du salon.

En effet, l’approche globale semble une des clefs qui permettront de façonner des villes plus humaines, moins consommatrices, respectueuses de l’environnement et donc plus faciles à vivre. Car, pour le moment, à part quelques exceptions, la ville durable ne se construit que sur le papier…

Des éco-quartiers sont créés dans une dizaine de villes qui en ont les moyens (Issy-les-Moulineaux, Nantes, Grenoble, Lille, Marseille…) mais ils demeurent des zones bien spécifiques au sein de la commune. Sans vision à l’échelle de l’unité urbaine, ils seront « has been » dans quelques dizaines d’années, à l’exemple des villes nouvelles des années 60 – 70. L’idée serait donc de travailler sur l’ensemble de la commune, avec une vision à long terme, en aménageant les espaces par tranches successives. Collaborer avec les entreprises permet de trouver des solutions techniques spécifiques : préservation des ressources, aménagement des bâtiments…

Bien que l’environnement ne soit pas au premier plan de leurs préoccupations, les habitants souhaitent des solutions pour la vie quotidienne, selon Maud Lelievre, déléguée générale des Éco-maires et conseillère municipale à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ils sont prêts à payer pour une amélioration de leur qualité de vie (espaces verts, transports en commun…) mais pas, bien entendu, s’il y a de la gabegie…

Toutefois, les élus ne pourront réellement s’engager dans l’aménagement d’une ville durable qu’en contrepartie d’une incitation financière, et non sous la contrainte, « simplement parce que cela a été décrété à l’Assemblée nationale », poursuit Maud Lelievre. Les maires ne se mettront pas en danger de perdre les élections en s’engageant dans des actions s’ils n’en ont pas les moyens.

En tout état de cause, même avec le courage politique de lancer des aménagements de ville durable, l’accompagnement financier de l’État et la vision à long terme (travail par tranches) seront nécessaires.

Martine Courgnaud – Del Ry
 

1. 26e salon Pollutec, Lyon eurexpo, du 2 au 5 décembre

 

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Concevoir un écoquartier

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Apparu il y a une dizaine d’années, le concept d’écoquartier recouvre une approche durable et intégrée d’un projet d’aménagement, qui se définit selon le ministère du Développement durable comme « une opération d’aménagement durable exemplaire, (…) qui contribue à améliorer notre qualité de vie, tout en l’adaptant aux enjeux de demain : préserver nos ressources et nos paysages, tout en préparant les conditions de la création d’une offre de logements adaptée aux besoins ».

En dehors de toute définition opérationnelle, la conception d’un écoquartier relève avant tout d’une logique transversale et durable. Qu’en est-il ?

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