Eurométropole de Strasbourg : vers une interdiction des véhicules diesel « au plus tard » en 2028

Développement durable

L’Eurométropole de Strasbourg (EMS) a dévoilé mercredi 28 avril 2021 son calendrier de mise en place d’une zone à faibles émissions (ZFE) qui prévoit une interdiction des véhicules diesel « au plus tard » le 1er janvier 2028.

Ce calendrier commun aux 33 communes qui composent l’EMS doit encore être soumis au vote du conseil de l’Eurométropole le 12 juillet, a précisé lors d’une conférence de presse Pia Imbs, présidente de l’EMS, sans étiquette mais proche des écologistes.

Il sera « progressif » pour permettre les « changements de comportements », et sera appliqué dans le temps en fonction des différentes vignettes Crit’Air, avec une « sortie du diesel (…) au plus tard » le 1er janvier 2028.

Une période consacrée à la « pédagogie » précédera l’interdiction de chacune des vignettes, a ajouté la maire d’Holtzheim.

La ZFE, qui vise à limiter le trafic des véhicules les plus polluants afin d’améliorer la qualité de l’air, entrera en vigueur le 1er janvier prochain pour les plus polluants, ceux sans vignette ou titulaires d’une Crit’Air 5. Après une période de contrôles sans sanction et de pédagogie, ils seront définitivement interdits à partir du 1er janvier 2023.

Les Crit’Air 4 seront bannies de la ZFE en janvier 2025, après une période de transition de deux ans, tandis que les Crit’Air 3 et 2 seront interdits respectivement en janvier 2027 et janvier 2028, dans les deux cas après trois années de période transitoire.

Chacune de ces périodes correspond aux phases préparatoires pour chaque catégorie, avec des campagnes d’information, un accompagnement à la transition puis de premières restrictions, jusqu’à l’interdiction, précise l’EMS.

Pendant ces périodes, des contrôles pédagogiques seront mis en œuvre par les polices municipales afin de « prévenir les usagers » et les orienter vers les dispositifs d’accompagnement, a indiqué Jeanne Barseghian, maire EELV de Strasbourg et première vice-présidente de l’EMS.

Parmi les aides prévues par l’exécutif de l’Eurométropole : gratuité des transports en commun pour les moins de 18 ans, aides à l’achat de vélos électriques, extension des 600 kilomètres de pistes cyclables et de lignes de tram, réseau express métropolitain plus étoffé, aides financières à l’achat d’un véhicule propre pour les ménages les plus modestes…

Des évaluations annuelles seront menées pour vérifier l’impact des mesures sur la qualité de l’air, avec une étude renforcée entre 2023 et 2024.

En fonction des résultats de ces évaluations, « il faudra peut-être réajuster le calendrier, renforcer le contrôle ou avancer les dates d’interdiction », a prévenu Mme Barseghian, alors que la mauvaise qualité de l’air serait responsable selon l’EMS de 500 décès prématurés par an sur le territoire de l’Eurométropole.

Selon l’Eurométropole, les niveaux de pollution enregistrés dans ses 33 communes dépassent régulièrement les seuils européens et les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé, notamment les émissions d’oxyde d’azote (NOx) et de particules fines PM2,5. Selon la collectivité, 60 % des émissions de NOx et 23 % des particules fines proviennent des transports routiers.

Des ZFE ont déjà été créées à Paris, dans la métropole du Grand Paris (80 communes concernées), celles de Grenoble et de Lyon.

Outre l’EMS, la mise en place de ZFE est également obligatoire dans les métropoles d’Aix-Marseille-Provence, Nice-Côte d’Azur, Toulon-Provence-Méditerranée, Toulouse, Montpellier-Méditerranée et Rouen-Normandie.

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