France urbaine présente les caractéristiques des smart cities françaises

Développement durable

Bien qu’il n’existe pas de modèle prédéfini, la ville intelligente utilise trois leviers pour améliorer la qualité de la vie : l’inclusion sociale, la « réinvention » des infrastructures urbaines et la révolution technologique. L’association de collectivités France urbaine présente un panorama de quinze smart cities qui tendent vers cet objectif.

Y aurait-il une smart city à la française ? Oui, selon France urbaine, qui a présenté, lors du Smart city Expo World Congress 2019 (SCEWC) de Barcelone fin novembre, un panorama des villes numériques innovantes : quinze exemples pour « montrer comment l’usage des nouvelles technologies peut favoriser le mieux-vivre en ville ». L’usage du numérique français serait ainsi davantage l’objet d’une « réflexion globale sur sa contribution à l’amélioration du quotidien au niveau local » qu’une course effrénée aux nouvelles technologies. L’étude cite, par exemple, la recherche de la performance et de la sobriété, qu’elle soit énergétique pour pallier le réchauffement climatique ou liée aux mobilités pour combattre la densité urbaine. Afin d’apporter une réflexion collective, adaptée aux usages du numérique et des nouvelles technologies pour les territoires, les smart cities françaises mobilisent l’ensemble des parties prenantes locales : élus, agents, entreprises et startups, associations et citoyens. Avec, pour objectif, de favoriser la proximité.

Autre particularité des actions numériques françaises : articuler une vision d’ensemble de la ville intelligente avec les enjeux locaux. Ainsi, les smart cities françaises dépassent l’uniformisation des projets, entreprennent des démarches spécifiques à leurs propres caractéristiques territoriales, sociales, géographiques et culturelles. En outre, les innovations dépassent bien souvent le périmètre des centres urbains ; les politiques (santé, inclusion…) sont pensées aussi bien pour le centre-ville que pour le péri-urbain ou le rural. Ce que France urbaine décrit comme une ville intelligente « raisonnée en alliance des territoires ».

Le but de ces démarches n’est pas non plus de faire du numérique une fin en soi ; elles visent à utiliser les nouvelles technologies pour améliorer les politiques publiques, maintenir les services publics et conserver l’efficacité de la relation aux citoyens. Il s’agit de favoriser l’innovation sociale et durable au bénéfice de tous.

Les villes étudiées par France urbaine* laissent place à l’initiative privée et à l’initiative citoyenne, sous la houlette du maire qui porte la vision, cadre le développement et pilote l’équipe de gestion pour façonner une ville ouverte et créative. L’idée : créer un sentiment d’appropriation qui mène à une responsabilité de chaque citoyen vis-à-vis du bien commun. Les fonctions sociales urbaines sont repensées à l’aune du numérique et les usages créent une solidarité dans les quartiers. De nouvelles formes de territorialisation apparaissent et l’approche métropolitaine innove avec les villes en réseaux.

Toutefois, la construction complexe de la ville intelligente face aux défis qui la sous-tendent (climat, biodiversité, raréfaction des ressources, fragilités des tissus socio-urbains, radicalisation…) s’inscrit dans une démarche de longue durée, qui dépasse celle de la mandature du maire. Celui-ci doit donc être capable de « projeter dans le temps la valeur des nouveaux usages indispensables pour répondre aux enjeux d’avenir ».

Marie Gasnier

*Communauté urbaine d’Angers Loire Métropole, ville d’Annecy, Dijon Métropole, communauté urbaine de Dunkerque, Grenoble Alpes Métropole, ville d’Issy-les-Moulineaux, métropole européenne de Lille, métropole de Lyon, ville de Marseille, Montpellier Méditerranée Métropole, ville de Mulhouse, Mulhouse Alsace Agglomération, Nantes Métropole, ville de Paris, Eurométropole de Strasbourg.

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