Le végétal, trame de l’aménagement urbain

Développement durable

Végétalisation de façades, ruches urbaines, prêt de composteurs aux habitants, foire aux plantes : certaines grandes villes offrent un environnement très vert. Une étude présente un palmarès de leurs actions.

Les élus doivent réintroduire la nature en ville et changer leur regard sur les espaces verts. À la fois éléments décoratifs, facteurs de bien-être et de lien social ; ils offrent aussi l’opportunité à une commune d’améliorer la santé des habitants. Les élus doivent donc les considérer « comme un investissement, non comme une dépense, et faire du végétal la trame même de l’aménagement urbain, dès la phase de conception », explique ainsi Catherine Muller, présidente de l’Union nationale des entreprises du paysage (Unep).

Angers, Nantes et Limoges n’ont pas attendu ce message pour s’investir dans le patrimoine vert. À l’issue d’une étude* réalisée auprès des cinquante plus grandes villes, l’Unep les a déclarées villes les plus « vertes » de France.

Les dix communes en tête du palmarès sont situées au nord d’un axe Bordeaux-Lyon. Elles agissent dans plusieurs directions : développer le patrimoine vert urbain, renforcer la biodiversité, valoriser les espaces verts, gérer les déchets verts ou encore dynamiser la vie locale et attirer les touristes grâce aux espaces naturels. Plus de 1 500 données ont permis à l’Unep d’établir son classement : elles sont issues des données publiques et de questionnaires remplis par les services municipaux gérant les espaces verts.

Vaches, moutons, baudets

Certaines villes sont particulièrement inventives : incitation des particuliers à végétaliser les façades ou les toitures de leurs maisons, installation de ruches urbaines ou de « pollinarium » pour prévenir les allergies, prêt de composteurs de déchets verts aux habitants, entretien des espaces verts par des vaches (race « highland cattle »), des moutons ou des baudets…

D’autres adoptent des plans relatifs à la biodiversité, créent des trames vertes pour assurer une continuité écologique à travers la ville, préservent les zones humides, organisent des foires aux plantes et des ateliers pédagogiques.

Pour éviter d’abattre inutilement des arbres, Nantes n’hésite pas à en déplacer certains. Limoges investit dans des zones de loisirs « vertes » près de quartiers populaires. Le végétal constitue parfois un axe stratégique de dynamisme et de promotion, à travers l’organisation de festivals ou de visites guidées. Plusieurs communes recensent leur patrimoine arboré dans l’application « City gardens », qui renseigne les citoyens sur l’emplacement des espaces verts et sur leur actualité.

L’effort financier des communes en faveur des espaces verts varie de un à cinquante, précise l’Unep. Ainsi, en investissant 100 euros par an et par habitant, la somme que Limoges leur consacre représente le double de la moyenne nationale. La majorité des villes interrogées a désigné un élu chargé des espaces verts et s’est engagée dans un plan de suppression des pesticides (« zéro phyto »).

Marie Gasnier

Les 50 plus grandes villes offrent en moyenne 540 hectares d’espaces verts et investissent chaque année 5 millions d’euros pour en créer et en aménager de nouveaux. Les habitants bénéficient de 31 m2 d’espaces verts chacun en moyenne – le record revient à Besançon avec 200 m2. Paris est largement en dessous de la moyenne (moins de 14 m2).

* Source : Palmarès des villes les plus vertes de France : découvrez les résultats !, Unep, 2014

 

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