L’éco-communication, négligée par les collectivités territoriales ?

Développement durable

L’éco-communication, c’est prendre en compte les coûts écologiques de sa politique de communication pour en réduire l’empreinte. Un travail encore rare parmi les collectivités territoriales.

Et pourtant, en dehors de l’aspect écologique de la démarche – réduction du suremballage, des rejets de carbone, des déchets, etc. – l’éco-communication peut avoir de nombreux avantages pour toute structure portant des campagnes de communication d’envergure, et donc pour les collectivités.

« En terme d’image, pour la communication interne, le management, l’éco-communication permet d’avoir une bonne image auprès de ses effectifs et peut donc être une source de motivation. Vers l’extérieur, elle permet aussi de valoriser ses initiatives » expliquent Claire Maly et Anais Giraud, du cabinet d’audit Label Empreinte, qui accompagne entreprises et collectivités territoriales dans le passage d’une communication conventionnelle, prenant peu ou pas en compte les enjeux environnementaux, à une communication soucieuse d’être le plus écologique possible. « Nous travaillons sur trois volets : le respect de l’environnement des campagnes de communication, leur efficacité auprès du public visé, et leur efficacité quant à leur coût » poursuivent-elles.

Car au-delà de l’image, l’éco-communication peut-être une source d’économies non-négligeables. « Pas si l’on se contente de remplacer le papier standard par du papier recyclé, qui, du reste, est en passe de devenir la norme. Mais si l’on remet en question l’ensemble du cycle de communication, alors oui, la carotte mérite d’aller au bout de la démarche ».

Comment ? En choisissant le bon support. Papier ou numérique ? Dans le premier cas, quel imprimeur choisir ? Pour quel mode de transport ? Et surtout : quel stock ? « Le stockage a un gros impact dans la communication des grosses structures. Il y a un vrai travail à faire sur la gestion des quantités, l’efficacité et l’élimination de ce qui est inutile », assurent Claire Maly et Anais Giraud.
 

Les collectivités en retard

Pourtant aujourd’hui, les collectivités territoriales sont frileuses à s’impliquer. « On travaille principalement avec des entreprises. Au niveau des collectivités, les techniciens, les cadres sont souvent tout à fait disposés à mettre en place une telle démarche, mais une fois au niveau des décideurs, ça bloque.

Faire un audit sur la communication implique une remise en question de celle-ci, une remise à plat des pratiques. Il y a là un aspect trop stratégique. Pourtant, dans une période difficile pour les collectivités, ou les tours de vis concernent souvent les budgets communication, c’est justement le moment de se concentrer sur l’efficacité de celle-ci » concluent-elles, déplorant que les collectivités reconduisent trop souvent « les mêmes outils sans se poser de question ».

Parmi les partenaires de Label Empreinte ayant sollicité un audit, Mountain Riders est une association de sensibilisation du grand public et des professionnels des sports d’hiver aux enjeux du développement durable en montagne. « On a lancé une évaluation sur l’impact écologique de notre plaquette, première étape avant une seconde évaluation sur la pertinence de nos outils web. L’idée étant de mettre plus tard en avant cette initiative interne, et d’inciter ces territoires à suivre l’exemple », explique Camille Rey-Gorrez, responsable communication de l’association, qui publie un éco-guide mettant en avant les bonnes pratiques de chaque station.

« Aujourd’hui, la majorité des massifs vivent principalement du tourisme. Les collectivités de montagne sont donc fortement influencées par l’aspect économique du tourisme, le lobbying des sociétés privées de remontée mécanique ». Et donc par l’image que renvoit la station.

L’éco-communication pourrait donc être intégrée par certaines collectivités pour des raisons spécifiques à leurs territoires, et non uniquement écologiques.

 

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