Lorraine : un audit évalue la politique régionale de prévention des risques naturels et technologiques

Développement durable

En Lorraine, le pilotage de la politique de prévention des risques par les services déconcentrés de l’État, en articulation avec les collectivités, est jugé bon. Mais, avec la réorganisation de l’administration territoriale de l’État dans la nouvelle région Acal, un important travail d’harmonisation, de coordination et de pilotage devra être entrepris. Un audit émet une série de recommandations.

La Lorraine est soumise à différentes catégories de risques naturels et technologiques : inondations, conséquences de l’histoire minière (effondrements, affaissements, mouvements de terrain, dégagement de gaz…), accidents industriels… Elle comporte 1 668 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE), dont 67 sites classés Seveso II.

En 2015, un audit a évalué la politique de prévention des risques naturels et technologiques dans la région*. Les auditeurs ont analysé la situation dans l’optique de la nouvelle région Acal, qui regroupe depuis le 1er janvier 2016, la Lorraine, l’Alsace et Champagne-Ardenne. Une fusion qui impose de réorganiser profondément l’administration territoriale de l’État.

La politique de prévention des risques repose désormais sur une nouvelle Dreal (Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement), située à Metz avec des antennes à Châlons-en-Champagne et à Strasbourg. Pendant la période d’adaptation, « le positionnement et l’action de l’État pourront se trouver provisoirement perturbés » et « temporairement affaiblis », précisent les auditeurs.

Autre particularité de la Lorraine : elle appartient à un espace économique et culturel transfrontalier, partagé avec l’Allemagne, la Belgique et le Luxembourg. Les politiques de risques doivent donc être étudiés en fonction de ce territoire international.

Dans ce contexte, les auditeurs considèrent que les services déconcentrés de l’État maîtrisent bien la politique de prévention des risques : coordination et pilotage efficaces de la Dreal sous l’autorité du préfet de région, relations performantes entre les services, en particulier entre les départements et la région. La communication locale de l’État doit, cependant, être renforcée et fiabilisée (internet et affichage notamment), en s’appuyant sur une stratégie régionale d’ensemble forte et volontariste.

Les principaux dispositifs de prévention des risques sont en place (DDRM, PGRI, PPR…) ou en cours de construction (Dicrim, PCS, Papi…).

Le dialogue avec les acteurs locaux est serein. Si les collectivités sont sensibilisées aux politiques de risques, les intercommunalités devraient parfois s’impliquer davantage. Les actions et réflexions partenariales ponctuelles, qui sont parfois entreprises avec les pays limitrophes, pourraient également être développées avec une approche transfrontalière plus globale.

Les agents des services locaux de l’État paraissent compétents, motivés et professionnels. Mais le manque d’attractivité de la Lorraine fragilise les services, et la réduction des moyens suscite des craintes sur la capacité de l’État à continuer à tenir son rôle.

Le rapport identifie aussi quelques faiblesses (mise en sécurité de réservoirs hydrauliques…) et suggère des pistes de progrès pour la nouvelle Dreal de la région Grand-Est.

 

Marie Gasnier

 

* Source : Audit de la mise en œuvre de la politique de prévention des risques naturels et technologiques en région Lorraine, ministère de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, ministère de l’Économie et des Finances, ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt, novembre 2016

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