Les départements très inégaux face à l’impact économique de l’épidémie

Développement territorial

L’épidémie de Covid-19 a engendré une « géographie de crise inédite », avec des répercussions économiques très inégales des confinements selon les départements, notamment du fait de leur spécialisation dans le tourisme, l’industrie ou l’agro-alimentaire, selon des données publiées par l’Insee.

Si les mesures de lutte contre l’épidémie ont touché tout le territoire, notamment lors du confinement strict du printemps 2020, « l’intensité » de la baisse d’activité est « variable selon les départements », note l’Insee dans cette étude issue d’un ouvrage sur La France et ses territoires.

« Les départements qui sont les plus affectés, sont les départements touristiques, du sud, de montagne, les Dom, selon le moment du confinement (…), ainsi que les départements urbanisés, et là aussi c’est une nouveauté », car ils sont traditionnellement moteurs de l’emploi avec leurs activités de service, souligne Christine Charton, co-autrice de l’étude.

« À l’inverse, les départements ruraux du centre, finalement peu touristiques, ou ceux de l’ouest, orientés vers des industries agro-alimentaires ont été davantage préservés », ajoute-t-elle.

L’institut a analysé l’évolution du volume d’heures rémunérées, du recours au chômage partiel, des transactions par cartes bancaires ou des mouvements de population depuis le début de la crise.

D’abord, le confinement du printemps a touché les départements de montagne, en mettant fin « brutalement » à la saison touristique hivernale, et « les départements industriels où est implantée la fabrication de matériels de transports », comme le Haut-Rhin, le Doubs (automobile) ou la Haute-Garonne (aéronautique), souligne l’Insee.

L’activité plonge aussi dans les départements touristiques du littoral sud-est. Même chose en Île-de-France, par exemple en Seine-et-Marne où se situe Disneyland Paris, et dans la capitale, où se ressent l’absence de touristes internationaux et l’arrêt des voyages d’affaires.

L’été sera un interlude plus dynamique pour les territoires touristiques, avec des exceptions, comme la Corse, certains Dom ou Paris « où de nombreux étudiants ne sont pas revenus et où les touristes d’affaires ou de loisirs restent rares », détaille l’Insee.

Le Doubs et la Haute-Garonne restent affectés par le ralentissement de la fabrication de matériels de transports.

Le deuxième confinement décidé fin octobre continue de toucher particulièrement Paris et replonge les départements de montagne dans la difficulté. Le Haut-Rhin et le Bas-Rhin sont eux victimes de l’annulation des marchés de Noël.

Dans les départements les moins affectés par la crise, « les handicaps d’hier, comme le vieillissement de la population ou la faible densité de peuplement, ont paradoxalement amorti les effets de la crise », estime l’Insee.

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