Terra Nova voudrait que la restauration scolaire accélère la transition alimentaire

Éducation

Mettre du bio dans les assiettes, favoriser les producteurs locaux, éduquer les enfants à bien manger, protéger l’environnement : la restauration scolaire est un puissant levier pour accélérer la transition alimentaire, estime la fondation Terra Nova, qui propose des pistes d’action.

La loi Egalim impose à la restauration collective, qui sert 3,7 milliards de repas par an dans les cantines scolaires (mais aussi les crèches, hôpitaux, Ehpad, entreprises) de servir, à l’horizon 2022, 50 % de « produits bio, de qualité et durables », dont 20 % de produits bio (ou en conversion) contre 3 % aujourd’hui.

Mais lorsqu’elles « veulent mettre en œuvre ces nouvelles dispositions, voire aller au-delà », les collectivités locales rencontrent de nombreux « freins et obstacles », constate Terra Nova dans un rapport publié lundi 13 janvier 2020 qui fait des propositions visant à les surmonter, dans la perspective des élections municipales de mars 2020.

Ainsi, afin d’aider les collectivités locales à « réorganiser l’approvisionnement de leurs cantines en produits locaux, sains, de saison, les moins transformés possible et bio », un « guichet unique de service aux agriculteurs et aux collectivités » pourrait être créé.

De son côté, l’Association des Maires de France (AMF) pourrait mettre en place une « hotline » pour fournir aux maires l’expertise dont ils ont besoin.

Au plan financier, les collectivités devraient aussi bénéficier d’une « aide à l’entrée dans la transition alimentaire » de la part de l’État, chiffrée à un milliard d’euros en trois ans par la Fondation Nicolas Hulot, et d’enveloppes budgétaires consacrées aux Projets Alimentaires Territoriaux « étendues et consolidées sur plusieurs années », estime Terra Nova.

Sur le plan de l’organisation, des cantines scolaires de communes voisines pourraient mutualiser moyens et commandes, de même que les ressources humaines en matière d’expertise pourraient être mises en commun au niveau intercommunal, en zones rurales.

Quant aux personnels de service des restaurants scolaires, « majoritairement des femmes en temps très partiel » aux « revenus très bas », elles devraient bénéficier d’une meilleure formation, de volumes horaires suffisants et voir la pénibilité de leur travail reconnue.

Autres pistes : reconnaître le repas comme un temps éducatif, impliquer davantage enfants et familles dans l’organisation de la cantine, réduire le gaspillage alimentaire en aidant les collectivités à mettre en place la désinscription aux repas sur internet.

Ou encore « introduire dans le Code des marchés publics une exception alimentaire permettant de conclure des marchés de gré à gré avec des petits producteurs locaux » et aider les agriculteurs à produire bio, en créant des coopérations entre communes de différents départements.

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