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Une circulaire détaille les priorités pour l’année scolaire 2022-2023

Publié le 18 juillet 2022 à 8h00 - par

À la rentrée 2022, le Gouvernement entend promouvoir une école engagée pour l’excellence, l’égalité et le bien-être.

Une circulaire détaille les priorités pour l'année scolaire 2022-2023

Signée le 29 juin 2022 par le nouveau ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse, la circulaire de rentrée 2022 a été publiée au Bulletin officiel du 30 juin. Comme chaque année, ce texte détaille les priorités pour la prochaine année scolaire (2022-2023). Pour sa première rentrée en tant que ministre, Pap Ndiaye a défini trois objectifs majeurs : l’excellence, l’égalité et le bien-être. « L’excellence est la promesse que nous devons à chaque élève, de l’école maternelle au lycée général, technologique ou professionnel. L’égalité passe par la compensation des difficultés et différences de situation en renforçant les moyens consacrés aux élèves les plus défavorisés. Le bien-être implique une attention soutenue à chacun de nos élèves, dans une ouverture à l’autre et au monde », explique le ministre.

L’excellence et la maîtrise des savoirs fondamentaux

« La maîtrise des savoirs fondamentaux – la lecture, l’écriture, les mathématiques – conditionne la réussite scolaire et constitue ainsi l’objectif prioritaire de nos politiques de réduction des inégalités », pose Pap Ndiaye.

  • Agir dès la maternelle et poursuivre en élémentaire

Cette priorité doit être réaffirmée et engagée dès l’école maternelle, capitale pour réussir l’entrée dans les apprentissages de tous les enfants et prévenir le risque du décrochage à l’adolescence. C’est pourquoi l’année 2022-2023 doit être une année de maturation et d’un nouvel investissement pédagogique, matériel et humain autour de l’école maternelle et de la continuité entre les cycles 1 et 2, notamment au travers de la formation des professeurs. La priorité continuera d’être donnée au français, notamment la maîtrise de la lecture et de l’écriture, et aux mathématiques.

  • Un collège plus ouvert

Le collège verra la continuation du Plan mathématiques, avec la poursuite de l’édition de guides de référence et de la  formation des professeurs. Plus généralement, les trois priorités évoquées ci-après – réduction des écarts de niveaux en 6e, ouverture aux métiers et au monde professionnel et développement de la pratique sportive sur le temps périscolaire – constitueront trois axes importants des projets d’établissement.

  • Les mathématiques dans le tronc commun au lycée général

Dès cette rentrée, les mathématiques seront introduites dans le tronc commun en classe de première générale, pour donner à tous les élèves un socle commun de connaissances et de compétences en mathématiques utiles à leur vie sociale et professionnelle. Pour cette année 2022-2023, cet enseignement pourra être suivi, à titre facultatif, par les élèves n’ayant pas choisi la spécialité mathématiques, et leur ouvrira les portes, le cas échéant, de l’option mathématiques complémentaires en classe de terminale. Des dispositions définitives seront mises en place à la rentrée 2023 dans cet objectif de renforcer la place des mathématiques au lycée général et d’y assurer un enseignement pour tous, ajoute la circulaire.

  • Un lycée professionnel d’excellence pour assurer la réussite de tous

La transformation du lycée professionnel sera poursuivie. L’organisation de la classe de seconde par famille de métiers, la co-intervention des professeurs des matières professionnelles et générales, la réalisation d’un chef d’œuvre par les élèves sont autant d’avancées pédagogiques qui concourent à la motivation et à la réussite du plus grand nombre, estime le ministère. Dans le cadre de l’accompagnement renforcé et pour les élèves qui se destinent à une insertion professionnelle rapide, l’accent sera mis sur la formation aux techniques de recherche d’emploi et au renforcement des compétences professionnelles, en lien direct avec les entreprises et structures locales pourvoyeuses d’emplois. L’expérimentation Avenir pro, mise en place dans une centaine de lycées professionnels en 2021-2022, sera étendue. Alors que l’impact de la pandémie a pu perturber leur organisation, les périodes de formation en milieu professionnel seront replacées au centre des dispositions pédagogiques, en redoublant d’effort pour accompagner les élèves les plus fragiles dans l’identification d’entreprises d’accueil. Enfin, les poursuites d’études après le baccalauréat professionnel, et notamment en sections de technicien supérieur, continueront à être encouragées par une pédagogie adaptée permettant d’améliorer la réussite, encore très insuffisante.

  • Une formation des professeurs renforcée au plus près des besoins

L’ensemble de ces priorités pédagogiques implique que les professeurs et l’ensemble des personnels bénéficient d’une formation initiale et continue de qualité, précise le ministère. La mise en place des écoles académiques de formation continue depuis le début de l’année constitue « un levier inédit ».

  • Entrer dans la culture de l’évaluation pour mieux répondre aux besoins des élèves

Les évaluations nationales ont donné aux professeurs des repères pour identifier les besoins de leurs élèves, y apporter des réponses adaptées et enrichir leurs pratiques pédagogiques. Elles doivent aussi servir d’outil aux recteurs et aux directeurs académiques des services de l’éducation nationale (DASEN) pour analyser les besoins de leur territoire et orienter leur action auprès des professeurs par un accompagnement et un plan de formation adaptés. Parallèlement, engagée en 2020, l’évaluation des établissements du second degré sera poursuivie à la prochaine rentrée scolaire et amorcée dans le premier degré.

L’égalité et la mixité

L’égalité scolaire a une double dimension : assurer le même niveau d’exigence et de bien-être à tous les élèves et se donner les moyens de mieux accompagner ceux qui sont les moins favorisés, rappelle la circulaire de rentrée 2022.

  • Une école pleinement inclusive

Le Gouvernement entend « consolider une école pleinement inclusive, où chacun, notamment les élèves en situation de handicap, a sa place. » Aussi, en cette rentrée et tout au long de l’année, « une attention toute particulière » sera portée à la relation avec les familles. La prise de contact en amont de la rentrée, afin de préparer au mieux celle-ci, la rencontre avec l’équipe pédagogique et l’accompagnant, mais aussi la facilitation des démarches, notamment pour les aménagements de scolarité et d’examen, doivent être systématiques. De même, la situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) doit s’améliorer. La poursuite de leur revalorisation, mais aussi la possibilité effective pour celles et ceux qui le souhaitent de travailler à temps complet, sur temps scolaire ou périscolaire, seront au cœur des travaux de l’année à venir.

  • Cibler la difficulté scolaire pour mieux la prendre en compte

Cette année, les collèges expérimenteront, en lien avec les autorités académiques, de nouvelles organisations pédagogiques en classe de 6e pour mieux accompagner la transition entre l’école et le collège, donner sa pleine cohérence au cycle 3 et renforcer le niveau des élèves dans les savoirs fondamentaux, notamment en mathématiques. La priorité sera donnée aux collèges dont les résultats aux évaluations nationales révèlent des difficultés spécifiques. L’accompagnement personnalisé et le dispositif Devoirs faits devront être pleinement investis pour renforcer les acquis de tous les élèves dans les savoirs fondamentaux.

  • Lutter contre les assignations sociales et territoriales

Le Gouvernement veut poursuivre « collectivement » les actions visant à systématiquement informer les familles les plus en difficulté financière de leurs droits à bénéficier de bourses, lesquelles seront revalorisées. Les chefs d’établissement devront également, avec l’appui des assistants de service social, mobiliser « pleinement et massivement » les fonds sociaux, afin d’apporter des aides d’urgence aux élèves les plus en difficulté.

« Nous devons de même agir avec volontarisme au service d’une plus grande mixité scolaire », annonce le ministre de l’Éducation nationale et de la Jeunesse. Outre l’ouverture de nouveaux internats d’excellence en cette rentrée 2022, cela passe par l’implantation de cursus d’excellence dans les établissements les moins favorisés et l’accueil d’élèves boursiers dans les établissements les plus favorisés. En cette rentrée, 43 nouvelles sections internationales ouvriront dans des collèges parmi les plus défavorisés, tandis que 94 lycées et 250 collèges parmi les plus favorisés sont engagés dans une stratégie de plus grande ouverture aux élèves boursiers. Cet effort devra être poursuivi et amplifié : dans chaque académie, des objectifs de réduction des écarts sociaux entre collèges et entre lycées seront fixés dès cette année, en tenant compte des différences de situation entre les territoires. « Ces objectifs, qui seront concertés avec les équipes éducatives et les collectivités territoriales, doivent nous permettre de progresser sensiblement à la rentrée 2023 dans la mixité scolaire », ajoute Pap Ndiaye. Une attention particulière devra également être portée au maintien d’un service public d’éducation de qualité dans les territoires ruraux isolés. Enfin, le Gouvernement veut faire de l’orientation un facteur d’égalité des chances et redoubler d’effort contre le décrochage scolaire.

Le bien-être des élèves

« L’école doit être un lieu de bien-être pour les enfants et les adolescents. Chaque élève doit se sentir accueilli, encouragé dans ses efforts et ses réussites et préservé des discours dévalorisants, de toute forme de discrimination ou de violence et du fléau du harcèlement. En vis-à-vis, l’ensemble des personnels du service public d’éducation doivent se savoir écoutés, compris et soutenus par l’institution, par ses cadres et par l’ensemble de la société », peut-on lire dans la circulaire.

En conséquence, le ministre de l’Éducation nationale prône « une école fondée sur le respect de l’autre » et qui porte « une attention accrue à la santé mentale des élèves. » L’éducation artistique et culturelle et la pratique sportive doivent, quant à elles, participer au plein épanouissement et à la réussite de tous les élèves. Enfin, le ministère entend renforcer la formation des élèves sur les thématiques de l’environnement et du développement durable, jugée insuffisante.