Congrès des régions : incertitudes sur la 2e vague et la tenue des élections

Élus

Jean Castex est très attendu par les Régions de France, pour leur 16e congrès lundi 19 octobre 2020 à St-Ouen (93), espérant des éclaircissements sur les mesures destinées à freiner la deuxième vague de Covid-19 et sur la date des élections prévues en mars.

Après le confinement au printemps qui les a placés en première ligne pour fournir des masques en urgence à la population et soutenir les secteurs les plus durement touchés par la crise économique, les présidents de Régions se disent maintenant « prêts » à faire face à la deuxième vague aux côtés de l’exécutif qui a instauré des « couvre-feux » dans neuf métropoles dont la région parisienne.

Mais ils attendent de la part du Premier ministre, qui interviendra en milieu d’après-midi, des « annonces concrètes sur les nouveaux plans d’aides annoncés mercredi 14 octobre par Emmanuel Macron », a indiqué à l’AFP l’entourage de Renaud Muselier (LR), qui préside l’association des Régions de France.

Ce Congrès devrait être l’occasion pour le chef du gouvernement de mettre en avant les bonnes relations qu’il a établies avec les régions dès son arrivée à Matignon début juillet, marquant un tournant par rapport à son prédécesseur.

« Je m’entendais très bien avec Édouard Philippe, mais tous les arbitrages étaient négatifs pour les territoires », a affirmé à l’AFP Renaud Muselier le mois dernier, après avoir annoncé que les régions étaient prêtes à travailler main dans la main avec l’exécutif sur le plan de relance.

Le ton a donc changé par rapport à fin mai, quand les régions avaient claqué la porte d’une réunion avec le gouvernement, s’estimant oubliées d’un plan d’urgence de 4,5 milliards d’euros principalement fléché vers les communes et départements.

De l’aveu même de M. Muselier, la méthode Castex est fondée sur le dialogue avec les régions, malgré les tensions surgies à l’annonce de la fermeture des bars et restaurants de la métropole d’Aix-Marseille le 23 septembre 2020, critiquée pour son manque de concertation.

Élections incertaines

Même si les élections régionales et départementales prévues fin mars ne sont pas à l’ordre du jour, la question risque fort d’alimenter les conversations lors du Congrès, avec la deuxième vague de l’épidémie qui pourrait perturber la campagne électorale.

Lors de sa conférence de presse de jeudi 15 octobre 2020, M. Castex a évité de préciser s’il était favorable au maintien de ces scrutins ou s’il penchait pour un report.

« Le gouvernement sera extrêmement vigilant à ce que l’organisation des élections et de la campagne se fasse dans des conditions sanitaires exemplaires », s’est-il borné à affirmer, rappelant au passage la faible participation qui a marqué cette année les municipales.

« Je pense qu’il faut les laisser en mars », a expliqué M. Muselier sur LCI, ajoutant qu’il « ne faut pas toucher en permanence aux dates électorales, c’est jamais bon ».

Pour sa part, la présidente (LR) d’Île-de-France, Valérie Pécresse, a également lancé un avertissement : « La démocratie, elle ne doit se manipuler, se toucher, qu’avec d’infinies précautions », a-t-elle affirmé.

Pour sa part, Julien Bayou, secrétaire national d’EELV et chef de file des écologistes aux élections régionales d’Île-de-France, a mis en garde contre un report du scrutin de mars prochain « pour convenance personnelle » d’Emmanuel Macron.

Un report des régionales pourrait contrarier les plans de présidents de Régions qui veulent faire de ce scrutin un tremplin voire une primaire pour la présidentielle de 2022, notamment à droite pour Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Mme Pécresse ou Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes).

Face aux incertitudes sur le scrutin, le porte-parole du gouvernement, Gabriel Attal, a annoncé jeudi 15 octobre qu’une commission qui « va associer l’ensemble des forces politiques » va étudier un éventuel report des élections départementales et régionales.

« Il faut que la décision soit prise avant que la campagne officielle commence, donc à la fin de l’année, début d’année 2021 », a-t-il précisé.

La « commission des sages », qui réunirait des représentants des différents partis, devrait être prochainement mise en place pour donner son avis sur l’organisation du scrutin, qui s’annonce complexe dans le contexte d’une poursuite de la pandémie, a expliqué, pour sa part, l’Élysée.

En début de semaine, sept présidents de départements, majoritairement de la région Grand Est, ont demandé que les élections départementales soient repoussées de trois mois afin qu’elles n’interfèrent pas dans la gestion de la crise sanitaire et celle du plan de relance.

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