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Portrait financier des régions de France entre 2016 et 2020

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Une étude La Banque postale/Régions de France analyse l’évolution des budgets des régions entre 2016 et 2019, période de bouleversements institutionnels, ainsi que leur structure financière en 2020, première année de la crise sanitaire.

Portrait financier des régions de France entre 2016 et 2020

Grâce à une situation financière saine en 2019, les régions ont pu faire face aux conséquences de la crise sanitaire dès 2020, selon l’étude « Regard financier sur les régions », publiée par la Banque postale collectivités locales, en partenariat avec Régions de France. Sont analysées les finances régionales entre 2016 et 2020, qui a constitué une période de bouleversements pour ces collectivités : notamment avec la réduction d’un tiers du nombre de régions au 1er janvier 2016 et la récupération des compétences transports interurbains et transports scolaires en 2017, assurées jusqu’alors par les départements.

En 2019, le périmètre d’intervention des régions n’a pas évolué et leurs dépenses (hors remboursement de la dette) ont été maîtrisées. Elles ont atteint 32,2 milliards d’euros, dont 30 % ont permis de financer les investissements. Corrélativement, l’amélioration continue de l’épargne brute a entraîné une réduction de la durée de désendettement, qui est passée de 4,9 ans en 2016 à 4 ans en 2019.

En 2020, pour la première fois depuis les premières lois de décentralisation, les recettes de fonctionnement des régions ont diminué de 2,1 milliards d’euros. Une « chute historique ». En cause, la recentralisation de la compétence apprentissage, accentuée par l’impact de la crise sanitaire : baisse des certificats d’immatriculation, de la fraction de la TVA versée en remplacement de la DGF, et de la taxe sur les carburants. Alors qu’avant 2020, en plus de trente ans, les recettes de fonctionnement avaient été multipliées par dix, au fil des nouveaux transferts de compétences.

Par ailleurs, à périmètre constant, les régions ont enregistré en 2020 une perte de recettes de 424 millions d’euros sous l’effet de la crise sanitaire. Les urgences liées à la pandémie ont entraîné une augmentation de leurs dépenses de fonctionnement de 4,5 % (1 milliard d’euros) pour acheter des maques et divers produits sanitaires, soutenir les associations et les étudiants du secteur sanitaire… Quant à l’épargne brute des régions, elle a enregistré sur la même période une baisse de 21 %, ce qui montre l’importance des conséquences de la crise sur les budgets régionaux.

Parallèlement, malgré cette baisse de l’épargne, les dépenses d’investissement des régions ont connu une hausse globale de 14,9 % (+ 1,7 milliard d’euros), liées principalement à leurs compétences de développement économique (+ 44 %). Afin de financer la hausse des dépenses d’investissement induites par la crise et la relance, et en raison de la chute de leur épargne brute, les régions ont davantage recouru à l’emprunt en 2020 ; elles ont ainsi dégradé leur capacité de désendettement qui est passée de 4,3 ans en 2019 à 6 ans en 2020.

Marie Gasnier

2016-2019 : quelques repères financiers

  • 2017 : première année après la fusion, le budget des régions ne connaît pas de grands bouleversements.
  • 2018 : avec le transfert de la compétence transports scolaires, les dépenses sont en hausse mais l’épargne brute s’améliore.
  • 2019 : les finances des régions retrouvent une certaine stabilité.
  • 2016-2019 : sur la période, les recettes des régions sont en hausse mais leur autonomie fiscale est quasiment inexistante ; leur épargne brute est confortée et la décentralisation accroît leurs investissements.