Limoges, première grande ville dotée d’une « commission éthique »

Élus

Limoges a installé lundi 1er juin sa « commission éthique et transparence », un dispositif destiné à veiller à la probité des élus dans leur action municipale et soutenu par l’association de lutte contre la corruption, Anticor, qui souhaite l’étendre à d’autres villes.

« Pour nous Limoges sera un véritable laboratoire », s’est réjouit la vice-présidente de l’association Anticor,  Séverine Tessier. « Il s’agit d’une première, tout est presque à inventer, et les champs d’action de la commission s’affineront au fur et à mesure », a-t-elle ajouté lors d’une conférence de presse.

La commission, composée de 18 membres, neuf élus et neuf citoyens, aura le pouvoir de se réunir quand elle le souhaitera et à la fréquence qu’elle jugera utile. Treize mois de négociations entre l’association et la ville ont été nécessaires pour définir les contours de la commission qui aura un rôle consultatif et de conseil.

« Vous êtes des pionniers. Vous avez désormais de grandes responsabilités, car la France et les Français ont les yeux rivés sur vous », a lancé le maire UMP Émile-Roger Lombertie à l’adresse des membres de la commission.

« Nous avons obtenu toute la liberté nécessaire pour pouvoir communiquer sur les dossiers dont nous serons saisis et avons un full-access garanti à toute la documentation que nous demanderons sous réserve d’en respecter la confidentialité », a expliqué le représentant local d’Anticor et membre de la commission, Stéphane Bobin.

Le champ d’action de la commission sera « tout ce qui sera porté à sa connaissance » et qui « relèvera d’un conflit d’intérêt » ou « qui mettra en cause la probité d’un élu », a-t-il précisé.

Le mode de désignation du collège citoyen fait toutefois débat au sein du conseil municipal. L’opposition du Front de Gauche et du Parti socialiste, favorables à la démarche, regrettent que les 50 % des membres issus du corps électoral aient été désignés par les élus membres de la commission.

La vice-présidente d’Anticor s’est dite aussi plus favorable à « un tirage au sort sur les listes électorales ».

« Rien n’est figé, c’est un moyen terme de départ. Si des centaines de candidatures spontanées citoyennes émergent, le mode de désignation pourrait changer », a assuré le maire.

La commission installée à Limoges est la première du genre dans une ville de plus de 100 000 habitants. Anticor souhaite étendre le dispositif à une quarantaine d’autres villes où les maires, déjà élus ou candidats, avaient signé la Charte Anticor pendant la campagne municipale de mars 2014.

 

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