RGPP : les maires des petites villes loin d’être satisfaits

Élus

L’Association des petites villes de France a interrogé 180 élus de petites villes sur l’impact de la RGPP dans leurs communes. Le bilan est sévère.

Les conséquences de la révision générale des politiques publiques (RGPP) sont jugées négatives par les maires des petites villes, selon l’enquête réalisée par l’Association des petites villes de France (APVF) publié ce lundi, jour où nous publiions un interview d’André Robert, son délégué général. « Quand une ville perd son tribunal, son commissariat, sa garnison, ça impacte fortement », s’exprimait-il alors. Un constat confirmé par cette étude. Ainsi, 84% 180 maires de communes de 2500 à 20000 habitants interrogés du 16 au 22 avril dernier par questionnaire électronique évaluent de façon négative voire très négative l’impact de la RGPP sur leurs services publics locaux. 12% ne se prononcent pas, et seuls 4% l’évaluent de façon positive ou très positive.

Le service public le plus touché est la Justice. Selon l’APFV, sur les 317 tribunaux supprimés, 239 étaient basés dans des petites villes. Viennent ensuite les services de gendarmerie, de police, les hôpitaux, les casernes, maternités et prisons. Ces secteurs sont aussi, selon l’enquête, les plus touchés par les baisses d’effectifs dans les services qui ont été maintenus.

Face à ce constat, les maires interrogés affirment à 72% avoir dû compenser ces phénomènes par des embauches au sein des services municipaux. Dans la plupart des cas, ces embauches ne concernent pas plus de cinq nouveaux salariés. « Ces embauches sont clairement un transfert de charge insidieux de l’Etat vers les communes » réagit l’APVF. Un transfert fait brutalement, puisque 67% des maires interrogés estiment qu’il n’y a eu aucun accompagnement de la part de l’Etat,  et 71% considèrent que le degré de concertation globale accompagnant la mise en place de la RGPP dans leur commune a été insuffisant voire inexistant.

Les usagers ne sont pas les seuls à en souffrir, les services municipaux aussi : 67% ressentent une moins bonne réactivité de la part des services de l’Etat en termes de conseils, suite à l’application de la RGPP. La cause : la suppression de plus de 2000 postes au sein des préfectures. «L’APVF s’inquiète tout particulièrement de l’éloignement des capacités d’expertise et d’ingénierie de l’Etat (DDE, DDAF, DREAC) que le développement de l’intercommunalité et la mutualisation des services communaux ne permet pas toujours de compenser. »
74% des maires interrogés estiment ainsi qu’une pause est nécessaire dans la mise en œuvre de la RGPP, avant d’entamer sa seconde phase. « Il est urgent aujourd’hui de redonner une réalité concrète au principe d’égal accès au service public en posant clairement les conditions de l’accessibilité, avec des durées maximales d’accès » conclut l’APVF, proposant un bouclier de services publics.

Face à de telles inquiétudes, pas sûr que la visite du Président de la République aux maires du Var ce jeudi, et sa présence à l’inauguration de la brigade de gendarmerie de la-Londe-les-Maures, suffise à rassurer les élus des petites villes de France quant aux intentions de l’Etat et la poursuite de la RGPP.
 

photo @Clio photo/Christine Galopeau de Almeida

Posté le par Rédaction Weka

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