L’Insee anticipe une « légère hausse du chômage » à 7,6% mi-2024

Publié le 18 mars 2024 à 8h30 - par

Le taux de chômage devrait enregistrer une « légère hausse » de 0,1 point au premier trimestre 2024, à 7,6 % de la population active, puis resterait à ce niveau au deuxième trimestre, selon la dernière note de conjoncture de l’Insee publiée jeudi 14 mars 2024.

L'Insee anticipe une "légère hausse du chômage" à 7,6% mi-2024
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Au quatrième trimestre 2023, le taux de chômage au sens du Bureau international du Travail (BIT) s’est « stabilisé par rapport au trimestre précédent, à 7,5 % de la population active », rappelle l’Insee. Il est supérieur de 0,4 point à son niveau de fin 2022, qui était « le plus bas depuis 1982 », mais reste « nettement au-dessous de son pic de mi-2015 (- 3,0 points) ».

« La hausse progressive du chômage depuis fin 2022 résulte d’un ralentissement de l’emploi », alors que « la population active est restée dynamique », explique l’Insee. « Au premier semestre 2024, notamment sous l’effet de la réforme des retraites, la population active continuerait d’augmenter, d’environ 40 000 actifs supplémentaires par trimestre », signale l’Institut.

« L’emploi progresserait deux fois moins vite et le taux de chômage augmenterait de 0,1 point au premier trimestre 2024, à 7,6 % de la population active, puis resterait à ce niveau au deuxième trimestre 2024 », poursuit-il. « Il serait ainsi à son plus haut niveau depuis le troisième trimestre 2021 », indique la note de conjoncture.

L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) indiquait pour sa part mi-octobre s’attendre à une remontée du taux de chômage à 7,9 % fin 2024. Et la Banque de France a dit mardi 12 mars 2024 s’attendre à une légère hausse pour atteindre environ 7,8 % de fin 2024 à fin 2025, « avant de reprendre sa baisse en 2026 », à 7,5 %.

Le même jour, dans son rapport annuel, la Cour des comptes a jugé que le retour au plein emploi voulu par le gouvernement – un taux de chômage autour de 5 % – apparaissait « hypothétique », estimant que la poursuite de la diminution du taux de chômage en France « supposerait de nouvelles réformes d’ampleur ».

La Cour des comptes observe en effet qu’un retour au plein emploi, soit un taux de chômage autour de 5 %, « se traduirait par une baisse du taux de chômage jusqu’à son niveau le plus bas depuis plus de 40 ans ».

Or le taux de chômage actuel s’accompagne déjà « de tensions sur le marché du travail », certaines entreprises ayant des difficultés à recruter, suggérant qu’il est « voisin de son niveau structurel » en deçà duquel il sera difficile de descendre.

Deux réformes de l’assurance-chômage réduisant l’indemnisation des demandeurs d’emploi et destinées à les pousser à retrouver du travail plus vite se sont succédé ces dernières années, celle de 2019, qui n’a été mise en œuvre pleinement qu’après la pandémie en 2021, et celle de 2023.

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