Les fonctionnaires modestes eux aussi durement touchés par la crise du logement

Fonction publique

Infirmiers, gardiens de la paix, agents de nettoyage ou enseignants n’arrivent plus à se loger dans des zones telles que la région parisienne, où le coût de la vie et de longs trajets domicile-travail dégradent la qualité de leurs services, constate un rapport.

Intitulé « Faciliter l’accès au logement des agents publics », ce rapport co-signé par Alain Dorison et Chantal Chambellan Le Levier, a été remis à la ministre de la Fonction publique Annick Girardin mardi 14 juin.

Il constate que « depuis plusieurs années, ni les rémunérations principales des agents publics les plus modestes, ni l’indemnité de résidence, initialement créée à cette fin, ne sont en mesure d’accompagner la progression des dépenses de logement des agents les plus modestes, dans les zones les plus tendues ».

Or ces difficultés s’accroissent car « les réorganisations récentes de l’État et des hôpitaux conduisent à la relocalisation des équipes tant à Paris, en petite couronne, ou dans de grandes métropoles régionales, des zones où le logement est souvent très tendu ».

Ciblés par le rapport, les agents touchés par ces difficultés sont ceux de catégorie B et C (titulaires et contractuels à durée indéterminée assimilés) : infirmières, aides-soignantes, gardiens de la paix, agents de la propreté, enseignants du second degré, etc.

Ils éprouvent de grandes difficultés à accéder à un « logement abordable, adapté à leurs besoins familiaux, à une distance raisonnable de leur travail, conduisant à des trajets domicile-travail de moins de deux heures par jour, aller-retour ».

Et ce, « alors même que cette population est solvable », souligne le rapport.

Or, « des durées de trajet domicile-travail trop longues et un coût de vie trop cher influent, au final, sur la qualité de service d’une part, et la capacité des administrations à rester attractives et à fidéliser leur personnel d’autre part ».

Ainsi les préfets de l’Ain et de la Haute-Savoie estiment-ils que les difficultés d’accès au logement sur leurs territoires « dégradent de manière aggravée le service public, au point de mettre en péril sa continuité dans l’enseignement, la police, le réseau du Trésor public et la santé ».

Le rapport mentionne même des « cas difficiles, rapportés durant la mission, d’agents dormant dans leur véhicule ».

Elle préconise notamment de mettre en place un mécanisme de caution adapté aux besoins des agents primo-arrivants en zone tendue, et de céder du foncier public afin d’y construire des logements sociaux.

 

Source : Faciliter l’accès au logement des agents publics, rapport Dorison, 2016

 

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