Olivier Dussopt, nouveau secrétaire d’État à la Fonction publique, une nomination polémique

Fonction publique

Olivier Dussopt a été nommé secrétaire d’État chargé de la fonction publique auprès du ministre de l’Action et des comptes publics, le 24 novembre. Une volte-face qui lui a valu d’être automatiquement exclu du Parti socialiste. Les divergences d’intérêts l’obligeront aussi à céder son rôle de président de l’APVF.

Le 24 novembre, Olivier Dussopt a été nommé secrétaire d’État chargé de la fonction publique auprès du ministre de l’Action et des comptes publics, Gérald Darmanin. Il suivra plus particulièrement le dialogue social dans la fonction publique et le partenariat de confiance avec les  territoires. Jusqu’alors président de l’Association des petites villes de France (APVF) et député de l’Ardèche, l’ancien rapporteur de la loi Notre de réforme des collectivités locales s’est pourtant montré peu en phase avec l’actuel gouvernement. Membre actif du Parti socialiste, appartenant au groupe Nouvelle gauche de l’Assemblée nationale, il n’a pas voté la confiance au Premier ministre après son discours de politique générale, et a voté contre le budget en première lecture le 21 novembre.

Mais… ses nouvelles fonctions l’ont amené à défendre, le 27 novembre, le projet de loi de finances contre lequel il s’était opposé moins d’une semaine plus tôt. Une volte-face politique abondamment relayée par les médias, que le sénateur de Paris, David Assouline, a relevée lors du vote en première lecture au Sénat : « Ça n’est pas banal, je pense même quasi unique, que l’on puisse voter contre un budget à l’Assemblée et venir au nom du gouvernement, six jours après seulement, dire qu’on est pour et surtout le défendre. Je le dis uniquement parce que si on le banalise et qu’on ne le commente pas comme je le fais là, on diffuse quelque chose qui est déjà ressenti par les citoyens, qu’il n’y a pas beaucoup de convictions et de cohérence dans l’engagement des hommes politiques. » En réponse, le nouveau ministre a simplement précisé savoir « d’expérience, en tant qu’ancien député et pour avoir participé à plusieurs commissions mixtes paritaires sur des sujets proches, que les compromis sont souvent possibles en matière de collectivités territoriales. »

Dans La tribune des petites villes d’octobre dernier, Olivier Dussopt dénonçait la loi de finances pour 2018 comme « un verre à moitié plein », et concluait en pointant les « sujets de préoccupation et donc d’inquiétude » des élus : « certaines mesures du PLF nous paraissent injustes et lourdes de conséquences pour les finances locales. C’est le cas tout particulièrement de la confirmation de la diminution drastique des contrats aidés, qui aura des conséquences significatives sur le niveau et la qualité des services publics apportés à nos concitoyens, ainsi que sur la tarification de certaines prestations. C’est aussi le cas sur le financement du logement social. La baisse confirmée des APL est de nature à déstabiliser l’équilibre financier des bailleurs sociaux et d’obérer leur capacité à produire et à rénover des logements. Des sujets particulièrement graves pour nos collectivités ».

Olivier Dussopt a désormais le rôle délicat de défendre des décisions gouvernementales largement impopulaires parmi les élus. Aux côtés d’un ministre de tutelle avec lequel il a eu un échange très vif au lendemain de  la Conférence nationale des territoires, à l’Assemblée nationale, le 2 août, considérant l’effort de 13 milliards demandé aux collectivités « ni tenable ni juste » et faisant état de « déception » et d’un « sentiment de trahison » à l’annonce de  la suppression de 300 millions d’euros de crédits de paiement pour les collectivités.

Immédiatement exclu du Parti socialiste, Olivier Dussopt ne pourra pas demeurer non plus président de l’APVF, qui s’apprête à élire un remplaçant dont le nom est inconnu pour le moment.

Marie Gasnier

Posté le par Marie Gasnier

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