Plus d’un agent sur deux des services déconcentrés envisage de changer d’emploi

Fonction publique

D’après un sondage mené par l’UNSA auprès d’un échantillon de 270 agents de DDCS/PP et DRJSCS, après fusions de leurs anciens services dans le cadre de la réforme de l’administration territoriale de l’État (RéATE).

86 % de ces agents travaillaient en direction départementale ou régionale de la jeunesse et des sports (DDJS et DRJS), 1 % en préfecture, 4 % en DRASS, 3 % en DSU. Les 6 % restant n’ont pas d’administration d’origine renseignée ou viennent d’autres directions (respectivement 3 %).

Aujourd’hui, ces agents sont à 35 % au sein de directions régionales de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) et à 65 % au sein de directions départementales de la cohésion sociale et de la protection des populations (DDCS/PP).

Ils dressent un constat en demi-teinte de la fusion de leurs anciens services en pôles de direction plus larges. Ainsi 77,8 % des agents interrogés considèrent que leurs missions ont évolué avec la RéATE. Elles restent en accord avec leur métier pour 75 % d’entre eux et sont, pour 2/3 d’entre eux, en adéquation avec leur formation.

Pourtant, 60 % estiment que les évolutions ont été négatives. 82,4 % n’ont pas eu de formation adaptée au changement de mission. 69 % considèrent qu’ils n’ont pas – ou peu – choisi leur nouveau poste de travail. Et pour 67 % d’entre eux, leur charge de travail a augmenté (57 % estiment que le rythme de travail s’est accru). 58 % estiment que leurs conditions de travail matérielles se sont dégradées.

Tout n’est pas noir pour autant. Pour les agents soumis à un décompte horaire, 69 % estiment avoir pu choisir ou négocier leurs horaires. 89 % sont ainsi satisfaits par ceux-ci. Pour ceux non soumis à ce décompte, 60 % estiment que leur autonomie d’organisation est respectée, 36 % estiment qu’elle l’est partiellement. Et pour 80 % des agents interrogés, les horaires respectent leur statut et l’aménagement et réduction du temps de travail (ARTT).

Des relations professionnelles qui dans l’ensemble ne s’améliorent pas

Il faut croire que la RéATE n’a pas amélioré l’ambiance dans les couloirs des services déconcentrés. Ainsi 58 % des agents interrogés estiment que les relations avec leurs collègues n’ont pas changé. 31,6 % considèrent qu’elles se sont dégradées.

Les relations avec la hiérarchie semblent elles plus fragilisées : un agent sur deux les estime dégradées, et 42,7 % identiques. 54% pensent ne pas être écoutés par leur hiérarchie, et 57,3 % pensent l’être moins qu’avant la RéATE.

La RéATE constitue donc une perte de reconnaissance pour une bonne part des agents interrogés, d’autant plus que 61,5 % d’entre eux se considèrent sous-payés compte tenu de leurs diplômes/qualifications. Un taux qui monte à 63,3 % s’ils estiment leur rémunération par rapport à leurs tâches et responsabilités. Enfin, 83,6 % des agents trouvent leur rémunération inéquitable comparée à celle de leurs collègues d’autres ministères, à tâches équivalentes.

Conclusion : ils pensent à 86 % que ces fusions ne sont pas bonnes pour le service public, et à 72,5 % pas bonnes pour eux-mêmes. 57,2 % s’estiment trop peu informés sur celles-ci. Et 53,4 % envisagent de changer d’emploi.

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