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Des inégalités héréditaires, mais l’ascenseur social fonctionne encore un peu, selon l’Insee

Publié le 20 mai 2022 à 10h49 - par

Les inégalités de revenus « se reproduisent en partie d’une génération à l’autre », mais l’ascenseur social n’est pas complètement bloqué en France, 12 % des enfants de familles modestes parvenant à se hisser dans les revenus les plus élevés, selon une étude de l’Insee publiée mercredi 18 mai 2022.

Des inégalités héréditaires, mais l'ascenseur social fonctionne encore un peu, selon l'Insee

Cette « mobilité sociale ascendante » fonctionne cependant moins bien pour les femmes, ainsi que pour les personnes ayant grandi dans une famille monoparentale, expliquent les auteurs de cette étude, réalisée en comparant les revenus des jeunes adultes (âgés de 28 ans) à ceux de leurs parents au moment où ils vivaient encore sous leur toit.

Certes, les enfants de familles aisées (parmi les 20 % les plus riches) ont trois fois plus de chances d’être aisés à leur tour que ceux issus de familles modestes, constate l’institut public. Cependant, pour un même niveau de revenu des parents, les revenus des enfants varient fortement, laissant place à des possibilités de mobilité « ascendante » ou « descendante » : les revenus des parents influencent ceux des enfants, sans pour autant les « déterminer entièrement », résume l’Insee.

Ainsi, si 31 % des enfants de familles modestes restent parmi les plus modestes à l’âge adulte, 12 % se hissent à l’inverse dans les 20 % les plus riches de leur classe d’âge, ce que l’Insee qualifie de « mobilité très ascendante ». Avec cependant une nette différence entre les sexes : seules 8 % des filles de familles pauvres font partie des plus riches à l’âge adulte, contre 15 % des fils.

L’ascension sociale diffère également entre les régions : dans les Hauts-de-France, seuls 7 % des enfants de familles pauvres se hissent parmi les plus aisés, mais ils sont 21 % dans ce cas en Île-de-France, ce qui s’explique par « l’attractivité et les opportunités d’études supérieures et d’emplois » offertes par la région capitale, selon l’Insee.

Autre critère discriminant : parmi les enfants issus de ménages modestes, ceux ayant grandi dans une famille monoparentale se hisseront moins facilement à l’âge adulte dans les catégories les plus riches que ceux issus d’un couple avec un ou deux enfants. Parmi les enfants de familles pauvres, la situation des immigrés est particulière. Ils sont proportionnellement plus nombreux à rester cantonnés dans leur classe sociale d’origine. Mais ils sont aussi plus nombreux à se hisser parmi les plus hauts revenus (15 % au lieu de 10 % pour les non-immigrés). Cela s’explique parce qu’ils résident « souvent dans les plus grandes villes et les territoires les plus dynamiques », et peuvent ainsi plus facilement « s’élever socialement », mais aussi parce qu’ils maîtrisent mieux le français que leurs parents et ainsi pâtissent moins qu’eux d’une « inadéquation entre la rémunération et les compétences ».

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