Le maire (LR) de Poissy « invite » les médecins de sa ville à limiter les arrêts de travail

Santé et sécurité au travail

Le maire (LR) de Poissy (Yvelines), Karl Olive, a « invité » les médecins généralistes de sa commune à plus de « vigilance » lorsqu’ils octroient un arrêt de travail à ses agents municipaux, suscitant la colère de certains praticiens, a-t-on appris mardi 12 avril de sources concordantes.

« S’il est communément admis que moins de 5 % des agents abusent des arrêts maladie, que moins de 1% des médecins prescrivent des arrêts dits de complaisance, il est toutefois indispensable de réduire au maximum ces pratiques que je ne saurais accepter plus longtemps », explique l’édile dans une lettre datée du 25 mars et révélée par L’Humanité.

M. Olive « invite » donc les médecins à « faire preuve d’une vigilance accrue » et à orienter les agents dont l’arrêt maladie semble directement lié à leur travail vers « la médecine préventive », habilitée « à appréhender les capacités fonctionnelles requises pour un poste ».

Objectif, explique l’élu à l’AFP : « faire des économies ». Selon lui, l’absentéisme de ses agents s’élève à « 22 jours par an et par personne, au niveau de la moyenne nationale pour les collectivités locales », mais bien au-delà des « onze jours par an et par personne dans le privé ».

Ce qui représente pour sa collectivité « 20 000 heures par an et un coût de 2 millions d’euros ». En outre, assure-t-il, un agent en arrêt maladie n’est pas remplacé, ce qui « dégrade le service public ».

La lettre a été adressée, selon la mairie, à 45 praticiens.

Dans une lettre au maire en date du 8 avril, dont l’AFP a pu prendre connaissance, 17 généralistes ont fait part de leur « sidération » et dénoncé une « remise en cause inédite et inadmissible de leur indépendance professionnelle ».

« La Sécurité sociale se charge déjà de surveiller nos prescriptions de kinésithérapie, de transports sanitaires, d’arrêts de travail, parfois au-delà du supportable », soulignent-ils.

« Mon sang n’a fait qu’un tour », a expliqué à l’AFP le docteur Martine Engerrand, médecin depuis 1980 et signataire de cette lettre : « Je n’avais jamais vu ça. »

« Il n’y a pas de stigmatisation à l’endroit des médecins généralistes et de mes agents », se défend l’édile : « Je dis qu’il y a peut-être des arrêts de travail qui peuvent être évités. »

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