Avec le Covid, l’absentéisme pour raisons de santé a augmenté dans les collectivités

Santé et sécurité au travail

Alors que le taux d’absentéisme pour maladie ordinaire a augmenté en 2020, les accidents du travail ont diminué dans les collectivités sous l’effet de la pandémie, selon le panorama Sofaxis sur la qualité de vie au travail des agents des collectivités.

L’épidémie de Covid-19 a modifié le paysage des absences pour raisons de santé en 2020. Alors que le taux d’absentéisme, en hausse régulière sur l’ensemble des indicateurs jusqu’en 2018, avait été stabilisé par le jour de carence en maladie, il a fortement augmenté l’an dernier sous l’effet de la pandémie – qui a entraîné une « augmentation inédite » de la gravité des absences pour maladie et accident du travail, peut-on lire dans le panorama 2021 « Qualité de vie au travail et santé dans les collectivités territoriales » de Sofaxis. En 2020, le taux d’absentéisme représente 10 % dont plus de la moitié pour la maladie ordinaire (53 %). La longue maladie/longue durée, l’accident du travail et la maternité pesant respectivement 27 %, 15 % et 5 %. La durée moyenne des arrêts de travail qui était de 47 jours en 2019 passe à 49 jours, soit 32 jours pour la maladie ordinaire (+ 13 % en un an), 76 jours pour les accidents du travail (+ 16 %), 101 jours pour la maternité et 266 jours pour la longue maladie de longue durée, les deux étant restées stables. C’est le plus haut niveau jamais constaté, ce qui montre que la gravité des arrêts est, elle aussi, en hausse.

Pour 100 agents employés, on compte 58 arrêts de travail en un an ; les arrêts pour maladie ordinaire étant en augmentation – davantage d’arrêts de travail et d’agents absents, pour des plus longues durées. L’impact de la pandémie sur les absences pour maladie ordinaire est très net : elles ont augmenté de 27 % entre mars 2019 et mars 2020, par exemple. Les absences dues aux accidents du travail ont au contraire diminué, les confinements et la restriction d’activité ayant limité l’exposition des agents aux risques : ces arrêts ont ainsi baissé de 81 % en avril 2020, sur un an. Toutefois, ils sont plus graves et donc plus longs.

Chaque absence pour problème de santé aura coûté aux collectivités 2 221 euros par agent titulaire en 2020, sans compter les coût indirects – plusieurs fois supérieurs aux coûts directs, mais variables selon la capacité d’un service à la réactivité, l’anticipation et l’apprentissage. « Le report de la charge de travail de l’agent absent sur le reste de l’équipe constitue à lui seul un coût indirect des arrêts », précise ainsi Sofaxis qui explique que la nécessité d’absorber une charge de travail supplémentaire peut causer des accidents du travail, un surcroît de fatigue et de l’insatisfaction pour les agents, qui conduisent à plus ou moins long terme à de nouveaux arrêts. En outre, la présence des agents qui subissent leur situation de travail, alors que leur état physique ou psychique ne leur permet pas d’exercer leur métier dans les conditions d’efficacité normales, a elle aussi un coût. « Très souvent, les arrêts consécutifs à de telles situations produisent des durées d’absences plus longues », conclut également l’étude.

C’est la maladie ordinaire qui pèse le plus dans le coût de l’absence qui évolue notamment en fonction de la gravité, les arrêts les plus longs étant ceux dont le coût direct est le plus important. L’avancement des agents (grades, échelons) impacte également le coût moyen global. Par ailleurs, bien que les arrêts courts aient une incidence plus faible sur le coût global direct, leur répétition et leur imprévisibilité désorganisent les activités du service et leurs coûts induits sont souvent très supérieurs aux coûts directs.

Le panorama qualité de vie au travail et santé dans les collectivités territoriales 2021 fait aussi le point sur le « risque long » en maladie et les enjeux de la réforme sur la protection sociale complémentaire.

Marie Gasnier

Le taux d’absentéisme mesure la part du temps de travail perdu en raison des absences. Pour les collectivités, il équivaut à l’absence d’un agent sur dix tout au long de l’année.

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