« Le stress découle d’un faisceau de facteurs »

Santé et sécurité au travail

Entretien avec Claire Edey Gamassou, maître de conférences en sciences de gestion spécialisée dans le rapport au stress des agents territoriaux, et auteure de la thèse Stress et implication des agents territoriaux : une approche en termes de ressources. (2)

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RH publiques Gestion des risques professionnels en collectivité territoriale Voir le dossier

Weka : Y-a-t-il des métiers territoriaux plus touchés que d’autres ?

Claire Edey Gamassou : Les métiers plafonnés en termes d’avancement, où il devient vite difficile de poursuivre sa carrière, comme dans le médico-social, par exemple. Et les agents en contact avec le public, qui sont de ce fait en première ligne, que ce soit au guichet ou en extérieur.
 

Weka : Les agents de catégorie C seraient donc plus touchés que les autres ?

Claire Edey Gamassou : Dans ma thèse, j’ai pu observer les agents de catégorie A, pour lesquels la charge de travail est la première cause de stress. Je ne pense pas que les agents de catégorie C soient plus touchés. Mes analyses ne portent pas sur des comparaisons de niveaux, mais sur comment expliquer le niveau de stress, à savoir par la charge de travail, le manque de soutien, les conflits de rôle, le rôle fragilisant du surengagement des agents, d’autant plus vulnérables dès lors qu’ils se sont beaucoup impliqués. En résumé, le stress découle d’un faisceau de facteurs : l’individu, le contexte, le cadre de travail, la vie privée de l’individu, etc.
 

Weka : La DGAFP s’est fait remettre ce jeudi 24 novembre un audit sur les risques psychosociaux (RPS) dans la fonction publique, et organisait récemment les 9èmes journées professionnelles de l’Ecole de la GRH autour des RPS. Selon vous, y’a-t-il une « prise de conscience » de la hiérarchie, et va-t-elle dans le bon sens ?

Claire Edey Gamassou : Je ne connais pas les politiques mises en place actuellement et me garderai donc bien de les juger. Ce qui est sûr, c’est qu’on manque d’outils et qu’il est bien d’en mettre en place, quitte à se rendre compte plus tard qu’ils sont perfectibles. Si c’est transfonctionpublique, voire en lien avec le privé, c’est encore mieux. Car il manque clairement d’un outil de veille sur ce sujet.
 

Weka : Que mettre en place pour résorber le stress au travail ?

Claire Edey Gamassou : En travaillant à la base : sur les fiches de poste, veiller à ce qu’elles soient bien mises à jour, à clarifier les rôles de chacun. Promouvoir des mécanismes donnant du sens à l’action, bien faire et diffuser les comptes rendus de réunion. Idem avec les entretiens. Faire preuve de transparence, y compris sur la mobilité, accroître les perspectives d’évolution, même si ça n’est pas toujours facile. Favoriser la formation tout au long de la vie, lever les barrières à la mobilité.

Lire la première partie de l’interview

Crédit photo : Hélène Epaud

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