Violence aux urgences : le CH d’Arras s’organise

Santé et sécurité au travail

HOSPIMEDIA – Le service des urgences du CH d’Arras (Pas-de-Calais) s’est retrouvé au cœur de deux événements médiatisés liés à des faits de violence en fin d’année dernière.

Le dernier cas de violence s’est déroulé lors du réveillon du 31 décembre puisqu’un homme ayant assassiné trois personnes s’est ensuite suicidé sur le parking des urgences de l’hôpital avec son arme. Quelques semaines auparavant, un homme était venu agresser cinq ou six fois les équipes de ce service, indique à Hospimedia le directeur des ressources humaines (DRH), Christian Burgi. Ces deux événements ont beaucoup marqué et affecté les équipes. En ce début d’année donc, l’établissement a annoncé que des mesures de prévention de la violence allaient être mises en place.

Il s’agit d’un sujet sur lequel l’hôpital travaille depuis maintenant deux ou trois ans, explique le DRH. Les mesures visant à garantir la sécurité des personnels qui seront instaurées sont, quant à elles, étudiées depuis dix-huit mois. Dans un premier temps, est-il indiqué dans un communiqué, des mesures ont été prises pour réglementer l’accès au service et dans le service. Ainsi, de 21 heures à 6 heures, l’accès se fera par un interphone équipé d’un système de vidéosurveillance directement connecté à l’infirmier d’accueil et d’orientation (IAO). En outre, des contrôles d’accès ont été installés sur les portes du service ainsi que deux boutons coups de poing reliés à une alarme au bureau de l’IAO. L’alarme pourra permettre de signaler les incidents et la porte coulissante installée à la borne d’accueil une sortie de secours en cas d’agression. Le 14 janvier, deux caméras de surveillance ont été posées au niveau de la porte d’entrée et dans la salle d’attente, est-il détaillé. Cette dernière a d’ailleurs été rénovée.

Ces mesures ont été décidées à l’issue d’un diagnostic sécurité conduit au CH d’Arras. Il a démontré que les urgences étaient « trop ouvertes », où tout communiquait ce qui multipliait les intrusions. Le service a donc commencé à être refermé.

Une formation à la gestion de la violence a aussi été proposée aux agents : 73 l’ont suivi en 2014 et 120 se sont inscrits pour cette année, indique Christian Burgi. Il a aussi été rappelé aux agents qu’au-delà de ces formations, il doit exister une doctrine commune d’intervention auprès des patients. Le collectif, ajoute-t-il, est le premier levier de la sécurité et ce premier levier se retrouve aussi en amont dans la bonne communication aux usagers.

L’hôpital devrait profiter de l’arrivée d’une nouvelle coordinatrice des soins pour que ce message passe au sein de tous les services. Une réflexion sur la qualité de l’accueil aux urgences afin de limiter les conditions de tension sera menée, précise le DRH.

Géraldine Tribault

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