35 heures : objectif d’économies de plus de 4 000 emplois pour les hôpitaux parisiens

Santé

L’Assistance publique-Hôpitaux de Paris entend économiser l’équivalent de plus de 4 000 emplois sur quatre ans, via un réaménagement des 35 heures, ont indiqué mardi 5 mai des syndicats, inquiets de l’impact sur la qualité des soins et des conditions de travail.

L’objectif de la direction est de « réaliser des économies à hauteur de 1 000 postes en équivalents temps plein par an, sur quatre ans », a rapporté Thierry Amouroux (CFE-CGC). Le syndicat a été reçu lundi 4 mai avec la CFDT et l’Unsa par le directeur général Martin Hirsch.

L’AP-HP compte actuellement 75 000 agents (hors médecins).

De son côté, la direction de l’AP-HP a précisé que sans « cette réforme, le respect de notre trajectoire financière pourrait conduire mécaniquement à la suppression de 4 000 emplois ». « Notre choix est différent et l’objectif de la réforme est au contraire de stabiliser l’emploi au lit du malade », a-t-elle dit à l’AFP. L’AP-HP prévoit un retour à l’équilibre d’ici à 2016.

Mais pour Didier Choplet, secrétaire général adjoint de la CFDT de l’AP-HP, ces chiffres laissent présager une réforme « extrêmement violente pour les agents ».

« Nous sommes très inquiets sur le climat social que cela va générer », alors que les tensions sont déjà vives en raison notamment de la non revalorisation des salaires, souligne-t-il.

Mais « on ne sait pas encore ce que M. Hirsch va proposer. Est-ce qu’il va mettre l’ensemble des agents en 7 heures ? Quel profil d’agents ? », s’interroge le représentant CFDT, selon qui « des milliers d’agents travaillent 50 heures par semaine alors que sur le papier ils doivent faire 7 heures 36 » par jour. Il met en garde contre « un risque de démotivation très fort ».

« Pour les agents qui n’ont pas de relève – comme les administratifs, les ouvriers – l’objectif est de tendre vers les 7 heures », et pour les équipes qui ont des relèves, comme les équipes de  soins, « c’est de réduire le temps qui est majoritairement de 7 heures 36, avec certains en 7 heures 50 », estime de son côté M. Amouroux.

Or, « quand il y a une équipe de nuit en 10 heures, des équipes de jour et d’après-midi en 7 heures 36, ça fait 25 heures sur une journée de 24, ce qui permet un temps de transmission crucial ». En réduisant le temps de travail la journée à 7 heures, « il n’y a plus de transmission, donc des pertes d’information, et c’est un danger pour les patients ».

La réduction du temps de travail (RTT) varie actuellement entre 20 et 24 jours. L’AP-HP ouvre des discussions ce mercredi, avant des négociations le 28 mai.

Une motion locale est déjà partie de l’hôpital Saint-Louis mardi, pour « refuser la perte de jours » qui se profile et dont l’ampleur « dépend clairement du rapport de forces », selon M. Amouroux.

L’intersyndicale CGT-SUD-FO a lancé un appel à la grève pour le 21 mai.

 

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