Coronavirus : des mesures d’accompagnement pour les détenus

Santé

La ministre de la Justice a annoncé des « mesures exceptionnelles » pour les détenus, notamment pour maintenir les liens familiaux durant l’épidémie.

Le coronavirus a fait son apparition en prison et la situation se tend en milieu pénitentiaire. En effet, l’entrée en vigueur des mesures générales de confinement a des conséquences sur la vie quotidienne des détenus : les intervenants extérieurs ne peuvent plus se rendre en prison pour y encadrer les activités ou le travail et les familles sont dans l’impossibilité d’accéder aux parloirs, qui sont de fait suspendus. Afin d’accompagner ces restrictions, et notamment pour maintenir les liens familiaux, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a pris des « mesures exceptionnelles » qui s’appliquent depuis ce lundi 23 mars 2020.

Durant la crise sanitaire, et jusqu’à la fin de la période de confinement, chaque détenu peut ainsi bénéficier d’un crédit de 40 euros par mois sur son compte téléphonique, lui permettant de rester en contact avec sa famille et ses proches. Utilisable dans les 64 établissements déjà équipés de téléphones en cellule ou depuis les cabines téléphoniques installées dans l’ensemble des détentions, cette somme correspond à 11 heures de communications en France métropolitaine vers un téléphone fixe ou à 5 heures vers un téléphone portable. Un service de messagerie téléphonique sera en outre ouvert aux familles via un numéro non surtaxé, ajoute le ministère.

Afin d’accompagner la suspension des activités en détention, la gratuité de la télévision est également assurée pendant cette période. Les détenus les plus démunis vont, quant à eux, pouvoir bénéficier d’une aide majorée de 40 euros par mois leur permettant notamment de cantiner, dans un contexte où les familles pourraient rencontrer des difficultés à effectuer des virements.

La régulation de l’occupation des maisons d’arrêt constitue également une priorité pendant cette période. La ministre de la Justice a demandé aux juridictions de différer la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement. Ces mesures sont d’ores et déjà suivies d’effet : le ministère comptabilise, ces derniers jours, une trentaine d’entrées en prison quotidiennes, contre plus de 200 habituellement.

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