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Déserts médicaux : les mesures coercitives à l’installation ne sont pas la solution

Publié le 30 septembre 2022 à 8h25 - par

Le premier syndicat de médecins libéraux de France s’est dit opposé, mercredi 28 septembre 2022, à la mise en place de mesures coercitives qui pourraient contraindre les jeunes médecins à s’installer dans des déserts médicaux.

Déserts médicaux : les mesures coercitives à l'installation ne sont pas la solution, pour un syndicat

« On n’envoie pas un jeune médecin dans une zone désertique », a mis en garde Franck Devulder, président de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) lors d’une conférence de presse. Plusieurs propositions de loi ont été déposées à l’Assemblée nationale durant l’été afin de « restreindre la liberté d’installation » des médecins ou d’instaurer une « coercition pour les médecins libéraux », selon lui.

Une telle mesure pourrait être une solution pour lutter contre les déserts médicaux, alors que 6 millions de Français n’ont pas déclaré de médecin traitant, selon la Caisse nationale de l’Assurance maladie (Cnam). Mais cette mesure « ne marche pas » dans les pays où elle a été testée, comme le Canada ou l’Allemagne, selon M. Devulder.

Pour la CSMF, le manque de médecin dans certains territoires est surtout lié à l’instauration, il y a plusieurs décennies, du numerus clausus limitant le nombre d’étudiants en médecine, malgré la connaissance des « effets du baby-boom qui conduirait de nombreux médecins à prendre leur retraite » entre les années 2010 et 2030.

Une obligation pour les jeunes médecins de s’installer dans des zones « désertiques » pourrait les pousser à se tourner vers un exercice salarié, quand « la médecine de ville a été un acteur important » de la gestion du Covid-19 et de l’été difficile dans les hôpitaux, a pointé M. Devulder. « Les jeunes médecins ne veulent pas être une variable d’ajustement des déserts médicaux », a-t-il ajouté, appelant le Gouvernement à écouter les revendications des étudiants pour une année supplémentaire d’internat en médecine générale « professionnalisante ». Cette année supplémentaire, prévue dans le budget de la Sécurité sociale pour 2023, serait effectuée hors de l’hôpital et « en priorité dans des zones sous-dotées ». Une mesure favorisant l’installation dans les déserts médicaux, mais n’y obligeant pas.

Pour remédier au manque de médecin, la CSMF propose de « valoriser l’expertise pour libérer du temps de soin » et de favoriser l’exercice coordonné en médecine de ville, à l’aide d’équipes de soins, de maisons de santé pluridisciplinaires ou des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS).

Bruno Perrouty, président de la branche « spécialistes » de la CSMF, a quant à lui insisté sur le besoin « d’investissement massif » dans la médecine de ville.

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