Le service sanitaire des étudiants en santé en place à la rentrée 2018

Santé

À partir de septembre, tous les futurs professionnels de santé devront effectuer un service sanitaire de six semaines pour mettre en œuvre sur le terrain des actions de prévention.

Le décret et l’arrêté instaurant le service sanitaire pour tous les étudiants en santé ont été publiés au Journal officiel daté du 13 juin 2018. Promesse du président de la République durant sa campagne électorale, ce service sanitaire traduit « la volonté du gouvernement de placer la prévention au cœur de son action », explique le ministère des Solidarités et de la Santé. Avec un double objectif : initier à la prévention primaire ceux qui seront les professionnels de santé de demain et leur permettre d’intervenir sur le terrain, auprès de la population, notamment les jeunes, pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.

Concrètement, les interventions de prévention conduites par les étudiants dans le cadre du service sanitaire privilégieront les thématiques relevant d’enjeux prioritaires de prévention et promotion de la santé : alimentation, activité physique, addictions, santé sexuelle. « En effet, la fréquence des comportements à risque reste élevée en France, en particulier chez les jeunes et les publics les plus fragiles socialement, moins informés des attitudes bénéfiques à la santé », rappelle le ministère. Exemple : les étudiants du service sanitaire pourront se rendre dans un établissement scolaire ou une université, ou au sein d’associations, pour sensibiliser aux dangers de l’abus d’alcool ou à la prévention des maladies/infections sexuellement transmissibles.

Le service sanitaire représentera six semaines de formation théorique et pratique à temps plein, incluant l’acquisition de compétences spécifiques, ainsi que les interventions auprès des publics. Il sera intégré aux maquettes de formation et se substituera à des activités pédagogiques ou à des stages existants, sans allongement des cursus. Dès septembre, 47 000 étudiants en médecine, pharmacie, odontologie, maïeutique, kinésithérapie et soins infirmiers entreront dans ce dispositif. À partir de 2019, le dispositif concernera toutes les formations de santé, soit 50 000 étudiants par an environ, annonce le ministère des Solidarités et de la Santé.

Au niveau national, le dispositif s’appuie sur un comité du service sanitaire, présidé par le Pr Loïc Vaillant, auteur d’un rapport paru en janvier dernier. L’implication des acteurs régionaux sera également forte à travers la tenue régulière de comités stratégiques coprésidés par les directeurs généraux des Agences régionales de santé (ARS) et les recteurs de région académique. Douze comités régionaux sont d’ores et déjà constitués et actifs.

Les objectifs du service sanitaire

Les objectifs de formation du service sanitaire sont les suivants :

  • Initier les étudiants aux enjeux de la prévention primaire, définie par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’ensemble des actes mis en œuvre dans l’objectif de réduire l’incidence d’une maladie ou d’un problème de santé par la diminution des causes et des facteurs de risque ;
  • Permettre la réalisation d’actions concrètes de prévention primaire participant à la politique de prévention et de lutte contre les inégalités sociales et territoriales d’accès à la santé mise en place par la Stratégie nationale de santé (SNS) du gouvernement ;
  • Favoriser l’interprofessionnalité et l’interdisciplinarité lors des formations suivies et des actions réalisées ;
  • Intégrer la prévention dans les pratiques des professionnels de santé.

Où seront réalisées les actions de prévention ?

Les actions de prévention menées par les étudiants en service sanitaire se dérouleront, notamment, dans les lieux suivants :

  • Établissements d’enseignement primaire, secondaire et supérieur, ainsi que les centres de formation militaire ;
  • Établissements de santé et médico-sociaux, notamment les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), les maisons de santé et les centres de santé ;
  • Structures d’accompagnement social, notamment les crèches, les centres de protection maternelle et infantile (PMI) et centres d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) ;
  • Structures associatives ;
  • Entreprises ;
  • Administrations ;
  • Organismes du ministère de la Défense ;
  • Lieux de prise en charge judiciaire et de privation de liberté.

Les actions de prévention seront réalisées « prioritairement auprès de publics relevant de dispositifs d’éducation prioritaire et dans les territoires où l’amélioration de l’accès aux soins est une nécessité », précise l’arrêté du 13 juin 2018.

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