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Papillomavirus : seuls 10 % des collégiens de 5e ont été vaccinés pour le moment

Publié le 9 février 2024 à 8h30 - par

Seuls 10 % des élèves de 5e ont reçu une première dose de vaccin contre le papillomavirus, selon des premiers chiffres provisoires du ministère de la Santé, qui attend le bilan définitif de sa première campagne dans les collèges pour décider d’éventuelles adaptations l’an prochain.

Papillomavirus : seuls 10 % des collégiens de 5e ont été vaccinés pour le moment
© Par weyo - stock.adobe.com

« Selon des remontées parcellaires des agences régionales de santé, au moins 92 262 élèves ont été vaccinés dans les collèges au 23 décembre 2023 » a indiqué la Direction générale de la Santé à l’AFP. « À ce stade de la campagne de vaccination HPV au collège, les chiffres montrent un taux de vaccination des élèves de 5e autour de 10 % », précise-t-elle.

On est loin de l’objectif fixé par le ministère de la Santé début septembre, qui était d’au moins 30 % des élèves vaccinés au collège pour cette première édition.

Promise début 2023 par le président Emmanuel Macron, cette campagne de vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), à l’origine de nombreux cancers – col de l’utérus, vulve, vagin, ORL, anus… – a été lancée début octobre dans tous les collèges publics, et les établissements privés volontaires.

Grâce à la campagne d’information et de communication déployée depuis septembre par l’Institut national du Cancer (INCA), « il est possible que l’opération de vaccination proposée au collège se traduise par une augmentation des vaccinations » par les médecins en cabinet, a jugé la Direction générale de la Santé.

Interrogé en novembre par l’AFP, Aurélien Rousseau, alors ministre de la Santé, avait reconnu que l’objectif initial du gouvernement ne serait sans doute pas atteint, tout en espérant que 150 000 élèves de 5e pourraient être vaccinés cette année. « C’est un début, il faudra de la ténacité », avait-il estimé, évoquant une hétérogénéité entre les régions et les familles et une nécessité « d’adapter les outils ».

Début janvier, des responsables de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (SFCPCV) ont jugé que cette vaccination était loin des attentes, avec un premier aperçu « décevant ».

80 % à l’horizon 2030

Pour la SFCPCV, la campagne a pâti, entre autres, d’une organisation administrative « un peu lourde et compliquée ».

« Les collèges recevaient des grosses enveloppes à distribuer aux parents avec un courrier d’information, un prospectus (…) et la feuille d’autorisation à signer par les deux parents. Et le jour de la vaccination, il faut aussi le carnet de santé », a rappelé Geoffroy Canlorbe, secrétaire général de la Société savante et praticien à l’AP-HP.

« Le principal échec est lié au manque de communication directe et efficace envers les parents », estime auprès de l’AFP Julia Maruani, vice-présidente de la SFCPCV et gynécologue médicale à Marseille.

La campagne a aussi pu être affectée par le décès d’un collégien près de Nantes, victime d’une chute après un malaise post-vaccinal. Le secrétariat général de l’enseignement catholique avait recommandé fin octobre de la « suspendre » dans les collèges catholiques sous contrat par « motif de précaution ». L’enquête administrative ouverte après la mort fin octobre du collégien n’a pas relevé de « dysfonctionnement sur l’organisation de la campagne de vaccination », selon l’Agence régionale de santé.

Mi-novembre, l’Agence du médicament (ANSM) a préconisé que, dans le quart d’heure suivant l’injection, les adolescents restent allongés ou assis par terre adossés à un mur.

Une estimation plus précise du nombre total d’élèves vaccinés pour la première dose sera réalisée au premier trimestre 2024, et le bilan complet de cette première année de campagne – c’est-à-dire le nombre d’élèves vaccinés ayant reçu deux doses de vaccins – ne sera connu qu’à la fin de l’année scolaire. Sur la base des enseignements tirés de ce bilan, « les autorités procéderont aux adaptations éventuelles » l’année prochaine, a assuré le ministère de la Santé.

Que cette vaccination ait lieu au collège ou en ville, l’objectif de couverture vaccinale est de 80 % à l’horizon 2030, tel que fixé par la stratégie décennale de lutte contre les cancers 2021-2030, a-t-on réaffirmé.

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