Santé : en 2019, priorité à l’alimentation, la nutrition et à l’activité physique

Santé

Lors du 2e Comité interministériel pour la santé, fin mars, le Premier ministre a vanté l’importance des actions actives de prévention en matière de santé.

Le Premier ministre a présidé, le 25 mars 2019, le 2e Comité interministériel pour la santé. À cette occasion, Édouard Philippe a réaffirmé l’importance des actions actives de prévention en matière de santé, notamment dans le domaine de la nutrition et de la pratique sportive. Ce 2e comité du quinquennat concentre donc les efforts sur ces deux axes majeurs de santé. Les nouvelles actions présentées viennent enrichir le Plan Priorité Prévention, lancé en mars 2018, et la signature commune « J’agis pour ma santé » sera désormais associée à toutes les actions de prévention impulsées par le gouvernement, a précisé la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn.

Pour son action globale sur l’alimentation et l’activité physique, le gouvernement se fixe quatre objectifs d’ici 2023. Au programme :

  • Diminuer de 15 % l’obésité et stabiliser le surpoids chez les adultes.
  • Diminuer de 20 % le surpoids et l’obésité chez les enfants et les adolescents.
  • Réduire le pourcentage de personnes âgées dénutries vivant à domicile ou en institution de 15 % au moins pour les plus de 60 ans et de 30 % au moins pour les plus de 80 ans.
  • Réduire de 20 % le pourcentage de malades hospitalisés dénutris à la sortie d’hospitalisation.

Voici les principales mesures annoncées pour 2019 lors du 2e Comité interministériel pour la santé.

La santé par l’alimentation

Promouvoir les nouveaux repères nutritionnels

Permettre à tous les Français de connaître les bons réflexes alimentaires pour leur santé en actualisant, dès 2019, le site manger-bouger et la fabrique à menu pour faciliter la mise en œuvre par tous des nouvelles recommandations alimentaires, activité physique et sédentarité.

Augmenter les fibres, réduire les quantités de sel, sucres, gras dans les aliments de consommation courante par un engagement ferme des acteurs économiques dès 2020 et promouvoir le Nutri-Score, afin d’améliorer la qualité nutritionnelle de tous les aliments transformés en favorisant les démarches volontaires des professionnels.

Réduire la consommation de sel de 30 % d’ici 2025 (engagement de la France auprès de l’OMS). Pour le pain, qui représente de l’ordre de 25 % de l’apport en sel quotidien des Français, une réflexion sera engagée dès 2019 avec les professionnels, afin de déterminer le taux cible et les actions à conduire pour y parvenir.

Protéger les enfants et les adolescents d’une exposition à la publicité pour des aliments et boissons non recommandés

Encourager la mise en place de codes de conduite en s’appuyant sur les nouvelles dispositions de la directive européenne sur les services de médias audiovisuels.

Permettre à tous de bénéficier d’une restauration collective de qualité en toute transparence.

Assurer la montée en gamme de la restauration collective par un approvisionnement de 50 % de produits bio, durables et de qualité d’ici 2022 et promouvoir le Nutri-Score dans ce secteur.

Organiser, dès 2020, la journée nationale « Les Coulisses de l’alimentation » sur le modèle des Journées du Patrimoine, où les professionnels de l’alimentation proposeront un large choix d’événements pédagogiques et de découverte au public (journées portes ouvertes, dégustations, visites dans les centres de formation, organisation de conférences et de débats).

Étendre l’éducation à l’alimentation de la maternelle au lycée

Des outils pédagogiques pour l’éducation à l’alimentation seront mis à disposition en 2019 pour couvrir tous les âges, tels qu’un vade-mecum et une boîte à outils éducative sur le portail « alimentation » du site internet Eduscol et déploiement des classes du goût.

Veiller à l’alimentation de nos ainés

Prévenir la dénutrition en sensibilisant le grand public et les professionnels de santé et du secteur social en mettant en place, chaque année, une « Semaine nationale de la dénutrition ».

Promouvoir et partager au niveau national les actions locales innovantes, sources de créativité

Dans chaque département, d’ici 2023, ces initiatives seront valorisées dans le cadre des projets alimentaires territoriaux (PAT), des chartes « collectivités et entreprises actives du PNNS » et un colloque annuel sera organisé.

Étendre l’obligation de don des invendus alimentaires à la restauration collective et aux industriels et favoriser les dons par les filières agricoles

Dès 2019, la restauration collective et les industries agro-alimentaires seront actrices de la lutte contre le gaspillage alimentaire et seront amenées à organiser des dons alimentaires aux associations.

S’assurer de la qualité et de la fiabilité des applications numériques informant le consommateur dans ses choix alimentaires

D’ici 2020, définir, en concertation avec les parties prenantes dans le cadre du Conseil national de la consommation (CNC), les conditions permettant de garantir au consommateur l’accès à une information pertinente et loyale lors de l’utilisation de ces applications.

La santé par l’activité physique et sportive

Promouvoir les activités physiques et sportives auprès des enfants, des jeunes et des étudiants dans tous les temps éducatifs

À partir de la rentrée 2019, dans le cadre du Plan « J’apprends à nager dès 4 ans », des expérimentations permettront d’amplifier et d’optimiser l’apprentissage de la natation, et ce dès le plus jeune âge.

À partir de 2019, des expérimentations permettront de déployer sur quelques territoires des « Classes confiance sport » articulant les cours le matin avec la pratique d’APS en après-midi.

Développer la pratique d’activités physiques et sportives en milieu professionnel

À partir de 2019, promotion des conciergeries sportives dans les entreprises et dans les administrations (offre de services sportifs clé en main aux salariés et agents).

Promouvoir l’offre de pratique d’activité physique et sportive pour les seniors

À partir de 2019, les stages de préparation à la retraite intégreront progressivement la présentation des recommandations en matière de pratique d’APS et présenteront l’offre de pratique adaptée projets sportifs territoriaux incluant la thématique « APS et seniors/aînés » et des programmes d’APS construits spécifiquement pour intervenir en Ehpad.

Développer la pratique d’activité physique adaptée pour les personnes atteintes de maladies chroniques

À partir de 2019, dans le cadre des parcours « pertinence et qualité » mis en place dans la stratégie « Ma Santé 2022 », le ministère de la Santé travaillera avec la HAS, l’INCa et la Cnam à l’élaboration d’un parcours optimisé, global, pour les femmes opérées d’un cancer du sein incluant notamment de l’activité physique adaptée.

Renforcer la prescription d’activité physique adaptée par les médecins

D’ici à 2021, une plate-forme en ligne permettra à chacun de repérer les offres d’APS et d’APA orientées vers les différents publics atteints de pathologies chroniques et proposées sur le territoire national.

Labelliser les maisons sport-santé

En 2019, 100 maisons Sport-Santé seront identifiées sur le territoire national, une charte d’engagement permettra d’accompagner et de suivre ces nouveaux espaces en proximité et au bénéfice des populations.

Augmenter le nombre de personnes en situation de handicap pratiquant une activité physique et sportive

L’adoption, en 2019, de la stratégie sport & handicap va permettre de soutenir le développement de la pratique sportive des personnes en situation de handicap dans une logique inclusive. Elle précisera les objectifs en termes de pratiques sportives et de performance.

Prévenir et prendre en charge l’obésité

Détecter précocement les personnes obèses ou à risque d’obésité par la saisie régulière du poids et de la taille dans le Dossier médical partagé (DMP), dès le plus jeune âge

En effet, la probabilité qu’un enfant obèse le reste à l’âge adulte varie, selon les études, de 20 % à 50 % avant la puberté jusqu’à atteindre entre 50 % et 70 % après la puberté.

Orienter les personnes obèses ou à risque d’obésité vers les équipes adaptées

Les parcours de soins seront gradués et personnalisés, c’est-à-dire, adaptés à la complexité de la situation de chaque patient. Pour cela, les professionnels pourront s’appuyer sur des référentiels posant les indications justifiant une prise en charge de l’obésité et définissant les conditions d’une coordination renforcée des intervenants.

Améliorer la lisibilité de l’offre sur les territoires et, plus globalement, l’information des personnes obèses

Mise en œuvre de programmes d’éducation thérapeutique du patient et d’actions privilégiant la formation et l’intervention de patients ressources, mise à disposition d’une cartographie des professionnels spécialisés dans la prise en charge de l’obésité et des associations de patients.

Conditionner, dès 2020, l’activité de chirurgie de l’obésité à une autorisation selon des critères de qualité

Information du patient en amont de la chirurgie, inscription dans la durée du suivi des personnes opérées, diffusion publique des résultats des indicateurs de qualité et de sécurité des soins (IQSS) des établissements hospitaliers.

Renforcer les centres spécialisés de l’obésité (CSO) dans leur rôle d’animation et de coordination de la filière de soins ainsi que d’appui des professionnels

Diffusion des bonnes pratiques, développement de la coordination et du suivi des personnes obèses sévères, prise en charge des situations complexes notamment chez les enfants, coopération avec les établissements médico-sociaux de leur territoire, en particulier accueillant les enfants. Les CSO doivent être positionnés comme les référents de la prise en charge des obésités sévères.

Adapter et soutenir la filière obésité dans les Outremer, notamment en développant la collaboration entre les CSO de l’hexagone et les établissements et professionnels d’Outremer et en proposant des programmes d’éducation thérapeutique adaptés.

Déployer, d’ici 2022, des expérimentations innovantes en direction de publics ciblés

Les enfants de 3 à 8 ans à risque d’obésité (« Mission Retrouve ton cap »), les enfants et adolescents atteints d’obésité sévère (« OBEPEDIA »). Ces expérimentations donneront lieu à une évaluation afin d’en tirer les enseignements utiles en perspective d’une éventuelle généralisation.

Protéger les mineurs de la vente d’alcool et de tabac

Rappeler au grand public l’interdiction de vente aux mineurs de tabac et d’alcool par des actions de communication.

Mettre en place des plans de contrôle coordonnés au niveau local, sous l’égide du préfet, et organiser, en partenariat avec le secteur associatif, des opérations de testing permettant d’évaluer le degré de respect de la législation sur un territoire donné.

Mobiliser les professionnels de la distribution d’alcool et de tabac. Toutes les enseignes de la Fédération du commerce et de la distribution (19 000 points de vente), ainsi que certains groupes de la grande distribution, s’engagent aux côtés du gouvernement pour mieux former leurs salariés, sensibiliser les clients, moderniser l’affichage et renforcer les moyens de contrôle en caisse.

Renforcer le parcours de santé des enfants et adolescents protégés

Il est proposé d’expérimenter un parcours de soins coordonné pour les enfants et les adolescents protégés, incluant une prise en charge somatique et psychique précoce, reposant sur la création d’un forfait annuel par enfant ou adolescent financé par la sécurité sociale.

Faciliter l’accès pour tous aux Tests Rapides d’Orientation Diagnostique (TROD) pour l’angine

D’ici le 1er janvier 2020, les tests TROD angine seront réalisables par les pharmaciens. La concertation avec les professionnels de santé sur cette mesure se  déroulera au cours de l’année 2019.

Permettre des prescriptions de prévention en médecine scolaire et en médecine du travail

Permettre aux médecins scolaires de prescrire, à titre préventif, des actes et produits remboursables par l’Assurance maladie et, selon cette même modalité, aux médecins du travail de prescrire des vaccins.

Faciliter l’accès aux dépistages organisés des cancers pour les personnes en situation de handicap hébergées en établissement

Dès l’automne 2019, la prise en charge des programmes organisés de dépistage des cancers du sein, du col de l’utérus et du côlon ne relèvera plus du budget des établissements médico-sociaux pour personnes handicapées et relèvera du droit commun de l’Assurance maladie.

Instaurer un « rendez-vous prévention » au moment du passage à la retraite

Ce « rendez-vous prévention », au moment du passage à la retraite, sera structuré pour aborder les trois domaines suivants : vulnérabilités, santé et retraite. Il s’appuiera sur les caisses d’Assurance maladie et les caisses de retraite. Ce « rendez-vous prévention » se basera sur le profil de santé, les choix de vie et les propres leviers de motivation de la personne pour établir des recommandations et orientations opérationnelles lui permettant d’agir sur son comportement (« empowerment »). Le « rendez-vous prévention » s’articulera avec les médecins traitants et les acteurs de prévention du territoire. L’invitation au « rendez-vous prévention » sera prioritairement destinée aux personnes les plus à risque en fonction de leurs caractéristiques géographiques, socioéconomiques et de leur consommation de soins.

Le numérique au service de la prévention

Au sein du site sante.fr, lancement d’un widget (petite application) de conseils de prévention personnalisés permettant à l’utilisateur d’accéder aux contenus de prévention et promotion de la santé issus d’émetteurs publics ou privés labellisés et sélectionnés en fonction de critères d’âge, de sexe et prochainement adaptés aux territoires. Cette fonctionnalité est susceptible d’être intégrée sur tout autre site d’information en santé public ou validé par les autorités.

Mettre à disposition de tous les acteurs de l’enseignement agricole une plateforme numérique dynamique (vidéos, témoignages, références scientifiques) d’appui à la mise en œuvre de projets concourant à l’amélioration du bien-être des élèves.

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