Délinquance et radicalisation : renforcer les actions locales avec l’appui des préfectures

Sécurité

Le comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD) souhaite que les préfectures accompagnent davantage les collectivités dans la prévention de la délinquance et des phénomènes de radicalisation.

Dans certains départements, le pilotage insuffisant des conseils locaux ou intercommunaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD/CISPD) peut constituer un frein, selon le secrétariat général du comité interministériel de prévention de la délinquance (SG-CIPD). Dans son neuvième rapport au Parlement (2015)*, le SG-CIPD fait le point, à mi-parcours, sur la mise en œuvre de la stratégie nationale de prévention de la délinquance 2013-2017, à partir des réponses représentatives de quatre-vingt quatre préfectures. Une stratégie qui vise à agir, le plus en amont possible, pour éviter le basculement et l’enracinement des jeunes dans la délinquance.

Sur les 891 CLSPD/CISPD recensés, 644 sont déclarés actifs (72 %) et 247 « en sommeil » (28 %). Pour remédier aux difficultés d’articulation entre les partenaires des CLSPD, le SG-CIPD préconise de redonner un rôle central aux préfectures. Il les invite notamment à appuyer les démarches de création de ces comités, ou à réactiver ceux qui sont en sommeil, et à impulser le recrutement de coordonnateurs qui devrait être systématique.

Les préfectures devraient aussi inciter les maires à mettre en place des groupes de travail et d’échange d’informations à vocation territoriale ou thématique au sein des CLSPD – seuls 1 221 ont été recensés en 2015. Par ailleurs, elles devraient encourager les collectivités à encadrer l’échange d’informations confidentielles, en adoptant la charte déontologique type de 2014 et en signant engagement de conformité auprès de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés), afin de traiter les données nominatives des personnes suivies dans un cadre légal.

Le SG-CIPD conseille également aux préfectures d’aider les collectivités à élaborer et à adopter des plans locaux, ou encore à actualiser des plans officialisés avant 2013. Une fois signés, les nouveaux plans locaux formalisés doivent être adressés au SG-CIPD. Il faudrait aussi améliorer le travail de collecte quantitative et qualitative de l’information, afin de renforcer la fiabilité des statistiques. Enfin, dans les zones de sécurité prioritaire (ZSP), il conviendrait de renforcer le travail partenarial des cellules de coordination opérationnelle du partenariat (CCOP), en les intégrant aux CLSPD. Dans les 80 ZSP, on compte 53 CCOP qui entreprennent des actions de proximité sur un microterritoire.

Le comité interministériel de prévention de la délinquance est également mobilisé sur la prévention de la radicalisation violente et la lutte contre les filières terroristes, dans lesquels les collectivités ont un rôle important à jouer. Il organise des formations pour tous les intervenants qui y sont confrontés : fonctionnaires nationaux et territoriaux, travailleurs sociaux des collectivités locales, personnels associatifs…

Des fiches méthodologiques décrivant des expériences locales réussies sont téléchargeables sur le site du SG-CIPD.

 

Marie Gasnier

 

* Source : Politique de prévention de la délinquance et de la radicalisation, Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, neuvième rapport au Parlement Année 2015, juin 2016

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